La caisse 5* c’est d’abord une histoire d’hommes et de femmes qui s’apprécient et se font confiance pour créer un produit original qui concrétise cet esprit de groupe : une caisse de 5 + 1 bouteilles de Sauternes 1er cru classé 1855 de Sauternes, la dernière bouteille étant particulièrement originale.

L’idée de départ est portée par Lafaurie Peyraguey : nous sommes au début de l’année 2017 et il s’agit de faire sortir les prix primeurs sur le millésime 2016 en même temps. Cinq châteaux s’entendent, tous sur la commune de Bommes en appellation Sauternes, tous 1er crus classés 1855. Lafaurie Peyraguey, La Tour Blanche, Rabaud Promis, Rayne Vigneau, et Sigalas Rabaud. « Ça fait gagner du temps aux courtiers et aux négociants et en termes de symbole et de signal : le message est qu’il se passe des choses à Sauternes : les châteaux sont capables de s’entendre », précise Laure De Lambert Compeyrot, co-propriétaire et DG à Sigalas Rabaud.

Un bilan de cette sortie commune est fait à La Tour Blanche quelques semaines plus tard. Miguel Aguirre, le Directeur d’exploitation à La Tour Blanche, se souvient : « on s’entend bien, on a des problématiques communes. On a le désir d’aller plus loin et finalement on décide de créer la caisse afin de concrétiser le plaisir de travailler ensemble. L’idée de la première caisse de cinq bouteilles s’est faite sur le millésime 2009. On a présenté, en décembre 2017, la caisse de 5 bouteilles qui est sortie sur le marché en février 2018. 500 caisses numérotées sont sorties, toutes vendues en deux heures sur la place de Bordeaux (les négociants) ». Le succès étant « énorme », le club des cinq se revoit à Rayne Vigneau et « commence à délirer sur l’idée d’aller plus loin ».

Le club des 5 sort une caisse de 6 bouteilles

Ce jour-là, chacun apporte une bouteille de 2016, en fin d’élevage, avant la mise en bouteille. Vincent Labergère le Directeur Général de Rayne Vigneau raconte comment est née l’idée de la 6ème bouteille : « on est parti sur quelque chose de très simple pour faire un assemblage. On a commencé par mettre un cinquième de chaque château dans une éprouvette pour voir. Il s’est passé quelque chose de totalement improbable, c’est que, en assemblant ces cinq châteaux à proportion égale, il s’en est révélé une harmonie renversante. Il y avait une évidence dans le verre. Le terroir de Bommes était dans nos verres ». Laure de Lambert Compeyrot souligne que « Vincent Labergère a été tout de suite convaincu alors que c’était lui qui était le plus éloigné de l’idée de départ ». L’idée était de « valider notre association par une caisse de 5 + 1 bouteilles lors d’une soirée avec les courtiers et les négociants ». Cette caisse unique en son genre est donc composée d’une bouteille de chacun des cinq 1er crus classés en 1855, et d’une sixième, bien particulière, composée de 5 cinquièmes des 5 crus classés.

Il est décidé que chacun des châteaux consacrera une barrique chacun à cette sixième bouteille. Sigalas Rabaud, en tant que négociant, collecte les barriques, assure la fin d’élevage et la filtration, fait l’assemblage et la mise en bouteille. Laure précise « qu’une vingtaine de rendez-vous sont faits avec les négociants pour commercialiser la caisse ». Pour Vincent Labergère « c’est un voyage œnologique et un rêve d’avoir pu faire la 6ème bouteille que l’on vend ». 1328 caisses de 2016 ont été produites.

MISE À JOUR DU 01/10/21 : la caisse est disponible à la vente, au prix de 432 €.

Pour le millésime 2017, la mise en marché a été retardée. Elle se fera d’abord, dans un premier temps, par la mise sur le marché de la bouteille individuelle composée des 5 châteaux et pour un prix qui ne devrait pas dépasser les 200 €. Puis, un peu plus tard, en septembre 2021, ce sera le tour des 1468 caisses numérotées de 6 bouteilles.

A la dégustation de cette 6ème bouteille, les membres du club reconnaissent l’identité de chaque château mais le définissent comme « un vin de cohérence ». « Une notion de pointillisme et un côté légèrement poudré » pour Vincent, « très aérien et très élégant, sur des notes de litchi, de rose, et de tilleul » pour Laure. Un vin qui a un grain et un toucher de bouche, comme un tissu bien fin. Un fil conducteur sur l’ananas. « On retrouve la minéralité caractéristique de Bommes » (Laure). « Rien de sirupeux » (Vincent). Miguel souligne « la finale mangue ».

D’abord l’expression d’une entente

Cette production n’a pas été pensée en premier lieu comme un produit marketing. C’est le symbole d’une entente sur bien des plans et le symbole de vouloir avancer ensemble. Miguel souligne qu’il s’agit d’abord « de s’asseoir autour d’une table et de trouver une position commune sur des problématiques communes ».
Les membres ont « des différences de personnalité. Il y a eu des débats parfois … mais toujours sereins. Les différences de vision étaient parfois reformulées avec humour ou délicatesse. Et lorsque des décisions importantes concernant cette production commune sont prises, les 5 châteaux s’y tiennent ». On peut illustrer cette volonté de faire front commun par le fait que tous les rendez-vous avec les négociants se font à 5 pour commercialiser la caisse. Et puis les membres confessent que « c’est reboostant de se retrouver pour un café ou un déjeuner. La solitude existe un peu moins ».
Vincent dit qu’il y a « plaisir de travailler ensemble et que, quand vous commencez à avoir des surnoms, c’est que l’amitié arrive : des surnoms ont d’ailleurs émergé ». On n’en saura pas davantage. Il y a aussi des échanges de matériels.

Pour l’avenir, il n’est pas certain que chaque millésime sorte. Il faut que la magie opère et que les volumes soient là : il n’y aura donc pas de caisse 5* pour le millésime 2020 puisque, sur cette année-là, Sigalas Rabaud n’a pas produit. Ce qui est acté, c’est le 2017 et le 2019. Ces caisses sont vendues par le négoce et dans les cinq châteaux concernés.
Les acheteurs de la caisse 5*, outre le fait d’acheter un produit unique et haut de gamme, restent sensibles au fait que ce projet est né de l’amitié entre des individus : le symbole que la porte d’entrée d’un succès n’est pas toujours le marketing et qu’une entente chaleureuse et sincère entre des individus peut présider à tout projet : un pied de nez à une logique marchande. Et ça marche !