Sylvie Cazes est sur tous les fronts. En plus de suivre de près l’évolution du chantier de la Cité des Civilisations du Vin, l’ancienne directrice du château Pichon-Longueville Comtesse de Lalande vient de vivre ses premières vendanges dans sa nouvelle propriété de Saint-Emilion, le château Chauvin.

Rentrée chargée pour Sylvie Cazes. En plus d’assumer les responsabilités de Présidente de l’association de préfiguration de la Cité des Civilisations du Vin, dont le chantier avance à grands pas en vue d’une inauguration début 2016, l’ancienne directrice du château Pichon-Longueville Comtesse de Lalande (elle reste également présidente du conseil de surveillance du groupe familial Domaines Jean-Michel Cazes) vient de vivre ses premières vendanges dans sa nouvelle propriété de Saint-Emilion, le château Chauvin.

Une propriété qu’elle a achetée en avril dernier
. Elle, la Médocaine, confesse avoir toujours eu “une tendresse particulière pour les paysages de Saint-Emilion. J’attendais qu’une belle opportunité se présente, car les ventes de propriétés intéressantes ne sont pas légion”. Il aura fallu attendre que deux sœurs, Béatrice et Marie-France Ondet, décident de céder leur propriété familiale pour que Sylvie Cazes décide de franchir le pas. Ce qui l’a motivée : “un véritable coup de cœur, la taille du vignoble (15 hectares, NDLR), et le potentiel de développement, indéniable sur ce terroir de Saint-Emilion, situé à proximité de Cheval Blanc et du secteur des Corbin“. Si l’outil technique est globalement de bonne qualité, il était inévitable de restructurer la vigne, et de remettre en ordre de marche la commercialisation des vins. Ce qui passe “par un relooking des bouteilles, une évolution du style des vins de Chauvin, et par un retour sur la place de Bordeaux, à la conquête de nouveaux marchés”, souligne Sylvie Cazes.

Une touche d’expérience

Pour réveiller ce château qui était un peu en sommeil, Sylvie Cazes a fait confiance à Philippe Moureau, compagnon de longue date avec lequel elle a déjà collaboré au château de Pez et à Pichon Comtesse. Le nouveau directeur technique du château Chauvin – qui savoure le plaisir d’être sur tous les fronts, à la vigne comme au chai, après avoir longtemps géré la grosse logistique d’un géant du Médoc – apporte son expérience, son savoir-faire. Il a eu pour priorité “de remettre les sols en culture. Ils étaient peu travaillés. Nous avons des sols à merlots (80% de l’encépagement, NDLR), avec une couche d’argile entre 30 et 60 cm de profondeur. Nous avons passé le vignoble au peigne fin pour pouvoir drainer efficacement, pour que les racines aillent puiser dans la profondeur. Nous avons remis à l’honneur les travaux en vert (taille, relevage, éclaircissage), il fallait tout remettre d’aplomb. Pour ces vendanges, nous avons amélioré la méthode de ramassage : en cagettes, pour mieux connaître le rendement parcellaire. L’objectif désormais est de chercher des extractions douces, un peu plus de concentration dans les vins. D’installer un second vin pour être plus sélectifs sur le premier. Et de trouver un style plus élancé, structuré.”

Les vendanges au château Chauvin ont commencé le 29 septembre. Selon Philippe Moureau, “c’est une chance de démarrer avec un tel millésime. On était inquiet jusqu’à fin août, même si l’on avait maîtrisé la pression mildiou et oïdium. Les vignes étaient en bon état. Et l’on a eu ce superbe été indien, qui nous laisse espérer un très beau millésime”. Rendez-vous est déjà pris pour les Primeurs, au printemps prochain.

Mathieu Doumenge

Chauvin batisse ©Serge Chapuis