Ci-dessus : Louis-Fabrice Latour.
Ci-dessus : Louis-Fabrice Latour.

Les viticulteurs français, qui ont vu leurs ventes s’effondrer aux Etats-Unis depuis l’imposition d’une taxe américaine de 25% sur certains vins, se retournent vers l’État et vers Airbus pour demander un fonds de compensation destiné à les soutenir.

“Nous demandons la création d’un fonds de compensation à hauteur de 300 millions d’euros (…) avec l’idée de dédommager ceux qui auront pâti” des taxes douanières de 25% imposées par l’administration Trump sur les vins français, a indiqué à l’AFP Louis-Fabrice Latour (photo), président de la maison Louis Latour et vice-président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), lors du salon Wine Paris-Vinexpo.

L’administration Trump a appliqué le 18 octobre des droits de douane de 25% sur les vins français, espagnols et allemands de moins de 14 degrés, en représailles au traitement préférentiel que l’UE accorderait à Airbus.

En plus des demandes adressées au gouvernement, une délégation de viticulteurs doit rencontrer vendredi le PDG d’Airbus Guillaume Faury, estimant “payer l’addition” d’un conflit aéronautique transatlantique qui ne les “regarde pas”, ont indiqué d’autres responsables viticoles.

Les viticulteurs voudraient “compenser les quelque 250 millions d’euros de taxe supplémentaire subie et les 50 millions d’euros de perte de marché subie à ce jour par les viticulteurs” français aux Etats-Unis, a précisé Jerome Despey, président du conseil spécialisé Vins de France AgriMer, qui prône “un dialogue dans la construction”, avec Airbus notamment.

Au total, Washington a reçu un feu vert de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour imposer des taxes sur des biens européens à hauteur de 7 milliards de dollars. Dans ce cadre, l’aéronautique européenne a aussi été taxée, mais à hauteur de 10%.

Depuis, les exportations de vins français se sont effondrées de 44% en novembre aux Etats-Unis par rapport à octobre, selon le ministère de l’Economie et des Finances.

“Le vin est victime, nous sommes victimes d’un conflit qui nous échappe complètement” a commenté Miren de Lorgeril, présidente de l’interprofession des vins du Languedoc.

“Je n’ai pas l’impression que le gouvernement se sente concerné, ni Airbus, les subventions continuent d’être versées à Airbus et c’est la filière vin qui rembourse”, s’énerve un négociant.

Vendredi, dans la délégation de viticulteurs d’Occitanie qui doivent rencontrer le patron d’Airbus, devraient notamment figurer Antoine Leccia, président de la fédération des exportateurs FEVS, et Boris Calmette, président des coopératives de France.