Le domaine de Terrebrune à Bandol, désormais copropriété de Reynald Delille et Jean d’Arthuys, ancien directeur de M6, poursuit la valorisation de sa production avec un bouquet de projets dans les cartons sans oublier de mettre en lumière ses bandols en trois couleurs

« Terrebrune a une incroyable capacité de vieillissement y compris pour ses rosés et sait gérer les grands comme les petits millésimes jamais bodybuildés malgré de longues macérations et peu soumis au stress hydrique grâce à ce formidable terroir de Trias, un vrai sol à mourvèdre« . Le compliment vient d’un meilleur sommelier du monde, Olivier Poussier, qui se fait fort de préciser que les assemblages de Reynald Delille, à la manœuvre depuis 40 ans dans le domaine familial, varient peu d’un millésime à l’autre, grâce au tri rigoureux à la vigne et en cave pour respecter les équilibres. Pour les rosés, la moitié de la production, 60 % de mourvèdre, 20% de grenache complété de cinsault; pour les rouges (40% des bouteilles), pas moins de 85% de mourvèdre, 20% de grenache et 5% de cinsault; pour les blancs, 40% de clairette, 20% de bourboulenc, 20% d’ugni blanc assortis de rolle et marsanne.

Reynald Delille, toujours aussi discret et douant sans cesse de ses vins, rappelle que son père a été le premier à avoir cru au mourvèdre sur cette terre d’Ollioules au sud-est de l’appellation Bandol. « Aujourd’hui, Jean d’Arthuys, tout aussi passionné que moi par ce cépage, apporte à mes vins et au terroir une belle visibilité. Moi, je reste plutôt dans l’artistique. Après avoir travaillé seul pendant des années, j’apprécie de partager avec quelqu’un qui comprend Terrebrune malgré sa culture bordelaise et en qui j’ai confiance« . « Il est patient et cérébral, moi plus intuitif » reconnaît Jean d’Arthuys, homme d’affaires et de communication visionnaire, copropriétaire depuis l’an dernier du domaine d’une trentaine d’hectares en surplomb de la Méditerranée.

Le tandem est même devenu trio avec un nouveau chef de culture, Julien Paul, jeune ingénieur supagro de Toulouse au profil « biodynamie » (ex-Abbatucci). Le réseau de distributeurs en France et d’importateurs a été repensé et dynamisé, les vins ont également été référencés sur des sites à forte renommée comme IDealwine, Vente à la propriété, Chai d’œuvre…. Un concours d’architecture va être lancé prochainement au niveau mondial « pour que le lieu soit d’ici quatre ans à la hauteur du vin avec un restaurant panoramique, des chambres écolodges, une grande boutique… précise Jean d’Arthuys. Nous voulons proposer une véritable expérience pour faire découvrir nos vins sans révolution mais en continuant à les valoriser« .

R. Delille, J. d’Arthuys, O. Poussier. ©F.Hermine

2001 au pinacle Quand on demande à Reynald Delille si il a une préférence pour un millésime particulier, il avoue du bout des lèvres avoir un faible aujourd’hui pour le rouge 2001, « un grand vin racé et harmonieux avec une énergie tannique, comme une jeunesse qui se prolonge dans la plénitude. Il est vraiment à son apogée et c’est à partir de ce millésime que l’on a vraiment senti le réchauffement climatique.  2004, 2007, 2011 et 2016 sont également enchanteurs, 2009 est à attendre comme 2017 qui semble s’être refermé, 2012 et 2018, fins et élégants, sont très dandys et facilement accessibles. » Les rosés sont tout aussi étonnants, en particulier le 2001 délicat mais puissant sur des arômes d’épices, de zestes d’oranges, de fenouil et de curry, et le dernier, le 2019 frais et acidulé sur des notes d’orange sanguine, d’épices, de fenouil et de rose ancienne.