(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Grand ciel bleu sur les vendanges qui viennent de se terminer en Provence et sur ce millésime 2016 qui s’annonce prometteur mais en léger retrait.

“On devrait avoir un volume équivalent ou proche de 2015, un peu en recul sur les Coteaux Varois et Coteaux d’Aix, Pierrefeu et La Londe, estime Alain Baccino, le président des vins de Provence. Il n’a quasiment pas plu entre avril et août mais la sécheresse a été compensée par quelques pluies fin août-début septembre”.

A Bellet qui n’a enregistré qu’un mm de pluie cet été, “l’appellation devrait perdre 10 à 15% de volumes sur les rouges et les rosés car les baies sont très petites” a constaté Gio Sergi du Clos Saint-Vincent.

Au Domaine Saint André de Figuière, à La Londe, le mistral a assaini les vignes de printemps “et les entrées marines ont apporté l’humidité nécessaire pour la fraîcheur et un bon équilibre alcoolique, constate François Combard. Nous avons connu une belle pression d’oïdium en juillet mais tout est resté sous contrôle et les longues vendanges d’un mois ont permis de récolter au plus juste de la maturité par cépage. Au final, nous sommes encore plus satisfaits que 2015, surtout pour les rouges, à pleine maturité”.

Au pied de la Montagne Sainte Victoire, “on était beaucoup plus inquiets sur les volumes au début des vendanges mais nous avons eu plus de peur que de mal, reconnait Olivier Souvelain, directeur des vignobles Gassier (AdVini). Nous avons finalement de très beaux jus et une belle acidité, plus qu’en 2015, mais on constate une grande différence entre les parcelles irriguées et celles qui ne le sont pas”. Cela repose en effet le débat. L’Inao réfléchit toujours à une autorisation d’irrigation par appellation mais si le ministère de l’Agriculture y serait favorable, celui de l’Environnement traîne davantage les pieds.

À Pibarnon, on n’irrigue pas mais Eric de Saint Victor rappelle “qu’une année de sécheresse comme celle-là est gérable mais si elle devait se prolonger un ou deux ans, comme entre 2004 et 2007, ça pourrait devenir problématique. Il a plu moins de 200 mm depuis la vendange 2015. 2016 à donné de beaux raisins qui gonflaient encore en septembre mais à petits rendements et une récolte plus difficile pour les terroirs sans sous-sols, en bordure de parcelles. Heureusement nous avons eu la maturité avant la concentration ce qui annonce de beaux rouges et rosés mais sans doute en retrait de 15%”.

Pour l’instant, les dernières estimations du ministère soulignent “un état sanitaire préservé” mais des prévisions globales pour le Sud-Est à la baisse, surtout dans les Bouches-du-Rhône, limitées à 3%. La production du bassin se révèle néanmoins très hétérogène selon les cépages et les parcelles. “Les rosés s’annoncent souples et aromatiques, commente Alain Baccino. Et les rouges plutôt concentrés. Bien sur, la Provence reste une terre de rosés à près de 90% mais on constate une demande croissante de blancs et de rouges. Et 2016 sera une belle année à rouges”. La récolte devrait donc s’établir autour de 5, 4 M hl ; elle frôlait les 5600 en 2015 mais reste stable par rapport à la moyenne quinquennale.