Pour sa première édition à Shanghai, Vinexpo a rendu hommage au pays qui l’accueille. Les vins et spiritueux chinois étaient à l’honneur sur les stands comme dans les conférences. Venus de 19 pays, les exposants semblaient satisfaits du visitorat.

Tapis rouge dans tous les sens du terme pour la Chine, qui accueillait la première édition de Vinexpo Shanghai, du 22 au 24 octobre. Plus de 5000 personnes sont venues sur le site de Shanghai World Expo, beau centre d’exposition situé à Pudong, achevé en 2010, sur la rive est du fleuve Huangpu.

“Vinexpo Shanghai se distingue des autres salons chinois” explique Rodolphe Lameyse, directeur général de Vinexpo. Il a organisé des dizaines de salons aux quatre coins de l’Asie avant de prendre les rênes de Vinexpo au printemps dernier. Son ambition est de faire une exposition haut de gamme, avec du confort, des prestations de qualité, des conférences et des master classes, tout ce qui a fait le succès de Bordeaux, mais en l’adaptant au public chinois que l’on veut toucher. Et pour cela, une place de choix a été donnée à l’entrée du salon aux géants chinois COFCO GreatWall, Shangyu et Fenjiu, le producteur de spiritueux traditionnel chinois Baijiu. L’espace se trouve ensuite équilibré entre les grandes marques quasi internationales comme Concha y Toro, leader du Chili, Gallo l’américain, et les domaines français ou italiens regroupés sous bannière régionale.

Des vignerons qui présentent leur vin

L’ensemble est très professionnel, on parle de produit, avant de parler prix. Sur de nombreux stands, ce sont les vignerons ou propriétaires qui présentent eux-même leurs vins ou leurs spiritueux, ce qui est inhabituel en Chine. La plupart des exposants sont venus chercher de nouveaux importateurs et des distributeurs, car le pays est vaste, immense même. Le public est venu, professionnel et en plus grand nombre que prévu : au moins 5 000 visiteurs ont été attirés, dont la moitié de la région de Shanghai mais aussi de sept grands provinces chinoises dont Jiangsu, Zhejiang ou Beijing.

Nouvel intérêt pour le bio

Le salon s’est ouvert avec une conférence qui confirmait la forte chute des importations de vins français en Chine au premier semestre de l’année. -28% en volume et -39% en valeur par rapport au début de l’année 2018. Simple, accident de parcours, conséquence de sur-stockage, avantage aux pays moins largement taxés comme l’Australie ou le Chili, restructuration des réseaux de distributions, premiumisation des marques bien établies, crise d’adolescence d’un marché encore très jeune : les raisons sont nombreuses pour tenter d’expliquer les baisses. En attendant les exposants ont redoublé d’énergie pour se distinguer. Les Domaines Barons de Rothschild (Lafite) ont présenté leur dernier né chinois, Long Dai, Vinexpo Academy a accueilli 1 560 personnes dans ses 12 dégustations et conférences de haut vol, notamment les masterclasses organisées par WSET, l’école du vin de Bordeaux ou les meilleurs sommeliers du monde. Ceux qui ont présenté leurs vins bio au sein de la section WOW World of Organic Wines n’ont pas eu une seconde de libre tant l’affluence était continue. La Chine aussi s’éveille au bio.