Vinisud, côté « off ». La dégustation « Mare Nostrum, Nos Origines », qui se déroule depuis hier et jusqu’à ce soir au phare de Palavas, réunit une cinquantaine de vignerons méditerranéens. Parmi eux, l’emblématique Marcel Richaud, qui annonce sa retraite imminente.

Cinquante vignerons du Languedoc, du Roussillon, de Provence, de Corse, de la Vallée du Rhône, mais aussi d’Espagne, d’Italie, de Serbie ou de Grèce sont réunis depuis hier 23 février, et jusqu’à ce soir au phare de Palavas pour l’événement « Mare Nostrum, Nos Origines », un passionnant panorama des vins méditerranéens qui se révèle un « off » de choix en parallèle du salon Vinisud.

Il y a bien entendu de nombreuses pépites à déguster parmi ces vins de la « Mare Nostrum ». A commencer par quelques révélations à suivre de près, comme Saskia Van der Horst, néo-vigneronne de 29 ans qui présente son premier millésime du domaine Les Arabesques (Côtes du Roussillon, IGP Côtes Catalanes). Mais alors que certains prennent leur envol, d’autres s’apprêtent à tirer leur révérence. C’est le cas de Marcel Richaud, emblématique vigneron rhodanien installé à Cairanne, qui célèbrera à l’automne prochain sa quarantième – et dernière – récolte.

Installé en 1974 sur 14 hectares en fermage, Marcel Richaud est aujourd’hui à la tête de 60 hectares, conduits en bio depuis longtemps, partiellement convertis en biodynamie, et vinifiés en « nature » (juste une touche de sulfite à la mise) depuis une dizaine d’années. S’appuyant sur cette philosophie, Marcel signe des vins nets, limpides, à l’image de son « Terre de Galets » 2012 au grenache gourmand, son cairanne 2012 parfaitement équilibré (grenache, syrah, mourvèdre), et sa cuvée « Les Estrambords » 2011 à dominante de mourvèdre, un élégant vin de garde. Autant de cuvées qu’il est possible de déguster jusqu’à ce soir à Palavas, en compagnie du vigneron et de son épouse Marie, qui raccrocheront donc les sécateurs à l’automne prochain, après un dernier millésime. Et la suite ? Le fils de Marcel, qui travaille avec lui depuis deux ans, prendrait sa suite à la vigne. Et l’aînée des filles de Marcel et Marie, riche d’une formation « viti-oeno », prendrait sa suite en cave. Ce binôme « nouvelle génération » va-t-il s’inscrire dans la suite du travail accompli par leur père depuis quatre décennies ? Soyez sûrs que nous en reparlerons.

Mathieu Doumenge