2020 marque donc le nouveau classement de la belle et grande (249 châteaux) famille des Crus Bourgeois du Médoc. Si cette nouvelle hiérarchie (qui distingue les Crus Bourgeois, Crus Bourgeois Supérieurs et Crus Bourgeois Exceptionnels) prenait en compte des critères d’accueil et d’œnotourisme, notre équipe de dégustateurs s’est elle cantonnée au contenu des flacons et ce sur un seul millésime, 2018. Une dégustation pleine de délicieuses surprises, à retrouver dans notre hors-série Crus Bourgeois.

Château Chantemerle
Médoc (Cru Bourgeois)
13,90 €

Le nez est très frais, il renvoie sur des notes végétales et mentholées pour une réelle sensation de pureté. L’attaque est vive, on retrouve cette grande fraîcheur que le nez promettait. En bouche, le vin est équilibré, éclatant d’arômes de fruits rouges avec des notes d’agrumes qui viennent donner du pep’s et un supplément d’âme à ce Cru Bourgeois. C’est un vin prêt à être consommer, nous sommes dans le plaisir immédiat. Grâce à sa belle acidité, il tiendra aussi quelques années pour se fondre joliment dans son âge tertiaire.
Avec un thon plancha et wok de légumes.

Château Moulin de Taffard
Médoc (Cru Bourgeois)
9,90 €

Rubis limpide avec un bouquet classique, discret et élégant, notes florales, puis de groseille et de pain brûlé. Attaque très fine, franche, pure, une matière aérienne, des tanins de dentelle, des saveurs de cassis, pivoine et café léger, tout est sur la délicatesse. À son top maintenant et d’ici une paire d’années. Le parti pris de la finesse.
Sur un filet mignon et purée truffée.

Château Labat
Haut-Médoc (Cru Bourgeois Supérieur)
16 €

Situé sur un terroir proche de Saint-Julien, château Labat se distingue par son style qui lorgne ostensiblement vers cette grande appellation. Nez profond, complexe, pur et précis, sur la cerise noire et la réglisse. On a déjà une belle sensation de gras dès le premier nez, qui se confirme en bouche par un très beau volume. La matière est enveloppée, les tanins fins et précis, très bel équilibre entre sucrosité et acidité. L’élevage est sur la pointe des pieds. Notes aromatiques de moka, café au lait, cachou, jusqu’à la finale fraîche et salivante. À carafer dès à présent ou à attendre cinq ans.
Avec un foie de lapin, une compotée d’oignons et des petits pois du jardin.

Château Peyrat Fourthon
Haut-Médoc (Cru Bourgeois Supérieur)
20 €

Cassis, myrtille et bigarreau font la profondeur d’un nez très doux. L’attaque prolonge cette douceur. Le vin se révèle voluptueux, ample et enrobant sans lourdeur, avec une trame serrée, longiligne, et une allonge sur les fruits noirs, relevés de cachou. Une délicieuse fraîcheur mentholée s’étire en finale, un peu épicée de poivre blanc. Un cru précis et net dans sa recherche d’élégance, parfaitement juste sans avoir besoin de montrer les muscles. Il s’avère buvable rapidement, avec un beau potentiel de garde.
Avec des pigeons en cocotte et légumes de saison.

Château Le Boscq
Saint-Estèphe (Cru Bourgeois Exceptionnel)
34 €

La maison Dourthe réussit là un coup de maître avec ce vin imposant mais distingué, buvable d’ici peu mais apte à une longue garde. C’est l’apanage des grands vins. Le nez propose des touches épicées, de fruits rouges et de lilas. Rien d’agressif dans l’attaque, tout en rondeur. Celle-ci est relayée par une matière ample, dense mais sans lourdeur, qui se déroule sur des notes réglissées. Le boisé est bien intégré. Le style est imposant mais précis, sans que l’intensité s’en trouve déplacée. L’unanimité dans le jury !
Avec un civet de sanglier.