2020 marque donc le nouveau classement de la belle et grande (249 châteaux) famille des Crus Bourgeois du Médoc. Si cette nouvelle hiérarchie (qui distingue les Crus Bourgeois, Crus Bourgeois Supérieurs et Crus Bourgeois Exceptionnels) prenait en compte des critères d’accueil et d’œnotourisme, notre équipe de dégustateurs s’est elle cantonnée au contenu des flacons et ce sur un seul millésime, 2018. Une dégustation pleine de délicieuses surprises, à retrouver dans notre hors-série Crus Bourgeois.

Château Campillot
Médoc (Cru Bourgeois)
11 €

D’emblée, il se passe quelque chose qui touche au registre de l’émotion. Le nez délivre une magnifique complexité aromatique toute médocaine, cette profondeur ineffable qu’est la quête ultime des vignerons. C’est grand. La bouche est soyeuse avec une très belle élégance des tanins. La structure est pensée, choyée. Sur ce temple harmonieux, on retrouve de la truffe et des fleurs séchées pour une finale très séduisante avec une très agréable sucrosité. Le château Campillot délivre un superbe 2018, aussi bien pour le hic et nunc que pour la garde.
Avec des ris de veau avec une bonne poignée de girolles.

Château Ramafort
Médoc (Cru Bourgeois)
15 €

Le nez nous transporte sur des arômes de garrigue avec une dominante de lavande mais aussi de la menthe et de la bergamote. L’attaque est très suave avec des arômes fondus de fruits noirs. C’est un vin sur la dentelle, le touché et la finesse. La finale est longue avec des notes de boîte à cigares. Il est déjà très bon ! Le château Ramafort 2018 est dans la place et il sera encore d’une très belle tenue dans quelques années…
Sur un foie de veau, purée.

Château La Ribaud
Médoc (Cru Bourgeois)
7,14 €

Une pépite des vignobles Bouey. Tout séduit dans ce vin. Qu’il s’agisse du nez avec ses notes fumées, de cuir et de muscade, ou de la bouche, avec son attaque souple qui développe tout le long un acidulé citronné, sur une matière souple. Rien de forcé. Finale poivrée et chaleureuse, boisé intégré. Un vin pétri d’élégance. Très beau style. Bravo !
Avec des paupiettes de dinde.

Château du Retout (HVE)
Haut-Médoc (Cru Bourgeois Supérieur)
13 €

Pourpre à disque acajou, 60 % de cabernet sauvignon, petit tiers merlot, puis petit verdot. Très reconnaissable avec son étiquette ronde ourlée d’or, il offre un premier nez encore marqué par l’élevage mais ne masquant pas cette compote de fruits noirs, cette attaque acidulée, puis la bouche très nette et très fine. Tanins très fins et soyeux ne marquant pas la bouche, un vin construit sur la délicatesse, bel équilibre frais (14,5°, c’est donc une prouesse de vinificateur), du velouté, suave, assez long, plein : on adore ! Avec une tourte aux champignons sauvages et dès de foie gras.

Château Cap Léon Veyrin
Listrac-Médoc (Cru Bourgeois Supérieur)
16 €

Pour avoir eu la chance de goûter un 1949, nous attestons d’un potentiel de garde certain. Sur cet échantillon, pas encore en bouteille, on a un nez discret, une bouche savoureuse, sapide, à l’équilibre haut, doté d’une arête acidulée, affirmant déjà sa finesse et, comme sur les millésimes anciens, une incroyable et délicieuse note orange sanguine compotée, des épices douces et un éclat de poivre blanc en finale.
Sur une tourte aux cèpes et aux foies de volailles.