(Photo Pauline Gonnet)
(Photo Pauline Gonnet)

Dès mercredi soir, les Lyonnais ont répondu présent à l’appel des primeurs du Beaujolais, à commencer par la mise en perce sur la place des Terreaux, jeudi 16 novembre à minuit pile.

Les fidèles ou nouveaux fans ont tous en commun d’être justement très différents. Pas de « profil-type » de l’amateur de Beaujolais, à part peut-être le sens de la fête et une envie chaleureuse de partager un moment festif. Tous âges, hommes et femmes, amateurs de vins comme consommateurs occasionnels, le Beaujolais Nouveau semble avoir pour signature une belle ouverture d’esprit une absence de snobisme plus que reposante.

Même son de cloche social et festif lors des événements du jeudi soir : tous les publics s’étaient donnés rendez-vous dans la capitale des Gaules, pour déguster tel ou tel vigneron en premier, et ainsi découvrir les vins de nombreux domaines.

La banane sur les visages, pas dans les verres

La dégustation des 2017, tous domaines confondus, se révèle globalement très satisfaisante. La beauté du millésime (malgré son amer revers concernant les quantités) tient ses promesses en étant bien là. Les fruits rouges dominent les Beaujolais là où les fruits noirs l’emporteraient plus en Beaujolais Villages, les belles maturités de l’année se retrouvant en bouteille. Les fleurs et les épices répondent également présentes sur ce millésime.

Chacun ses nuances ensuite : 10 jours de barrique au domaine Chasselay qui ont donné à son nouveau un profil séduisant, qui a d’ailleurs été particulièrement plébiscité à Table et Vins d’Ainay, dans le deuxième arrondissement de Lyon.

Carton plein pour le Nouveau des frères Thillardon à la Cave du Café Terroir, un pur jus de Nouveau sur le fruit et l’énergie, gouleyant à souhait, ultra facile et agréable à boire.

Canon un peu plus « sérieux » au domaine des Nugues, ainsi que du côté de la Maison Loron, qui réussit un joli tour de force sur son Beaujolais Villages Nouveau, sur une cuvée 100% Nature : les fruits noirs et les épices l’emportent, avec une belle pivoine qui vient se greffer sur cette trame aromatique, accompagnés par des tanins bien présents.

Pour le bonbon, on ira plutôt du côté du domaine Saint-Cyr, avec son « French Kiss » ultra fruité, et ceux qui préfèrent les choses un peu plus tendues goûteront aussi le Nouveau de Marc Jambon.
Sans oublier celui de Jean-Paul Brun, habitué aux sans-fautes.

Et on déguste les yeux fermés ceux de Louis-Clément David Beaupère, et de Frédéric Berne, qui a dû égrapper cette année en raison des ravages de la grêle mais qui produit son premier millésime en agriculture biologique après une démarche de conversion, et qui donne un Nouveau où les fruits rouges ne font pas défaut à l’appel, tant au nez qu’en bouche, sur une texture très délicate.

Il va y avoir du sport

La mise en perce de Villefranche a eu lieu le samedi soir, accompagné d’un spectacle son et lumière après le marathon annuel attendu avec autant d’impatience que le Beaujolais Nouveau.

Les déguisements les plus festifs et les plus improbables étaient en rendez-vous, et le parrain de cette édition était François d’Haëne, vainqueur pour la troisième fois de l’Ultra Trail du Mont-Blanc, et vigneron en beaujolais, avec trois hectares en Beaujolais Villages, et un sur Moulin-à-Vent.

Pour les retardataires, il est largement encore temps de goûter le Nouveau 2017, ou de le mettre ne cave pendant deux ou trois ans et de le déguster plus tard. Rendez-vous en 2018 pour suivre l’évolution qualitative des Beaujolais Nouveaux, et en attendant, le mot de la fin revient à Jean-Charles de Castelbajac, résumant toute la simplicité et la beauté du Beaujolais Nouveau.


Photo Frédéric Berne