(photo C. Sarrazin)
(photo C. Sarrazin)

Alors que le millésime 2019 est encore sur ceps, les Vignerons de Châteauneuf-du-Pape ont présenté une sélection de cuvée issues du millésime 2009 lors de leur salon le week-end dernier. Une ode au grenache le cépage emblématique de l’appellation.

À Châteauneuf-du-Pape, les vignerons le répètent à l’envie, « le grenache est roi ! » Il faut parfois une dégustation pour prendre toute la mesure de cette affirmation. Ce fût le cas lors du salon Les Printemps des Châteauneuf-du-Pape, le 6 avril dernier, où huit domaines de l’appellation ont présenté leurs cuvées spéciales dans le millésime 2009. « Un millésime solaire et puissant », a rappelé Christophe Sabon du domaine de la Janasse. Au point que les vignerons ne s’attendaient pas à autant de « zénitude » et d’équilibre dans leurs cuvées. « Chopin », signée la Janasse, réalisée à partir d’une sélection parcellaire de vieux grenaches plantées sur des sables en est l’illustration avec ses tanins murs et tactiles, d’une grande finesse. Dans cette même veine, « Pure » la cuvée du domaine de la Barroche possède ce velouté caractéristique des grenaches portés par les sables. « Mon Aïeul » du domaine Pierre Usséglio se concentre autour d’un fruité dense mis en valeur par une fraîcheur encore superbe. « Il n’y a guère qu’à Châteauneuf-du-Pape que le grenache atteint cette plénitude et cet éclat, a commenté Antoine Pétrus, chef sommelier directeur général de Taillevent. Plus il vieillit, plus il gagne en finesse et retrouve des accents de fraîcheur dans une parfaite intégration de l’alcool. »

S’il est souvent majoritaire dans l’appellation, il se fait volontiers escorter par ses compagnons de vigne. Au domaine Charvin, il est associé à la syrah, au mourvèdre et au vaccarèse. À peine foulés, les raisins subissent un minimum d’intervention et sont tout « simplement » élevés en cuves béton durant 21 mois. Dans ce millésime 2009, l’unique Châteauneuf-du-Pape du domaine – il n’y a ici qu’une seule cuvée – révèle des accents presque « nordistes » avec ses notes de réglisse et de kirsh. Le Vieux Donjon qui ne produit également qu’un seul flacon dans le cru à partir de grenache, syrah, mourvèdre et cinsault, est aujourd’hui au summum. Tout comme la cuvée Les Gallimardes du domaine Giraud aux tanins mûrs doux comme de la soie. Le Domaine de Boisrenard et sa cuvée Boisrenard qui combine les 13 cépages de l’appellation présente de son côté un potentiel de garde encore exceptionnel. Plus rares, les blancs de l’appellation ont aussi du répondant. La preuve, avec cet exemplaire du domaine du Clos Mont Olivet 2009 au nez de verveine, d’anis et d’agrume confit assorti d’un palais ample, riche et minéral. Dommage, qu’il soit épuisé… Mais, le domaine conserve quelque vieux millésimes qu’il est encore possible de se procurer.