La tension du marché du cognac invite les faiseurs de petits volumes à rivaliser de créativité pour se tailler une part du gâteau. C’est de bon augure pour les amateurs d’eau-de-vie charentaise. Gros plan en six volets sur ces ambassadeurs du « sur mesure » à suivre de près.

En volume, ils pèsent peanuts au regard des grandes maisons de la place de Cognac, un petit pourcent à peine. C’est David contre Goliath. Mais derrière les puissantes marques (Hennessy, Martel, Rémy Martin et Courvoisier) qui ouvrent des marchés dans le monde entier avec les célèbres qualités VS, VSOP et XO, des maisons moins connues rivalisent de créativité pour se démarquer sinon exister.

Aujourd’hui : Charles Braastad-Delamain.

Il est toujours délicat de parler de petite maison tant elle est prestigieuse. « C’est pourtant une évidence si l’on parle de volumes, en terme de qualité c’est autre chose, c’est notre cheval de bataille », confie Charles Braastad. Mais il est vrai que « Delamain » résonne comme le nec plus ultra du cognac. Basée à Jarnac-Charente, cette maison a traversé les époques sans jamais regarder les modes ou les tendances. « On aurait pu avec la notoriété de notre nom », ajoute Charles Braastad. Mais non. Delamain poursuit sa trajectoire en débutant sa gamme par le XO, misant uniquement sur le premier cru, La Grande Champagne, et cultivant un penchant certain pour les eaux-de-vie qui ont été distillées sans les lies. « La légèreté », résume parfaitement le maître de chai Dominique Touteau. Nonobstant cette capacité de ne jamais trahir son image et sa clientèle, l’autre bonne nouvelle est l’annonce de travaux pour mieux recevoir très prochainement à Jarnac les aficionados de Delamain. Côté produits, en sus de la trilogie Pale & Dry, Vesper et Très Vénérable, la maison sort un nouveau millésimé, le 1977. Une petite folie (460€) pour un très grand cognac qui tutoie les sommets de ce que l’on peut trouver en matière d’eau-de-vie charentaise. Nous sommes dans la définition de l’élégance et du rancio.

www.delamain-cognac.fr