66 médailles dont 31 or et 28 argent pointent les talents de cette 32eme édition du concours des vins de la Vallée de l’Hérault, organisé vendredi 13 avril. 125 dégustateurs affûtaient leurs commentaires pour une compétition sans concession… et sans grande surprise.

Il y a des rituels qui ont la vie dure. Pour cette 32e édition du concours des vins de la vallée de l’Hérault, ce vendredi 13 avril, l’espoir restait intact chez les dégustateurs au moment d’analyser à l’aveugle les 210 vins en compétition, de trouver dans son verre un « vin-pépite » : un domaine des Conquêtes (deux médailles d’or sur cette 32e édition pour « Les innocents » rouge AOP Languedoc 2016 et le Blanc 2017 IGP Pays de l’Hérault) ; un Villa Dondona des vignerons Jo Lynch et André Sucquet habitués de l’or et qui en raflent deux cette année pour la cuvée « Oppidum » 2014 et l’AOP Montpeyroux 2014 (déjà médaillé l’an passé) ; ou encore le domaine Les quatre amours, star incontestée de ce palmarès 2018 avec trois médailles, dont une or chevillée au corps avec la cuvée « Louis » AOP Languedoc rouge (un assemblage Syrah Grenache), distinguée chaque année depuis sa première participation au concours, en 2009.

Une vallée aujourd’hui réputée

Si l’objectif du concours des vins de la vallée de l’Hérault est de faire découvrir, par l’attribution de médailles, les meilleurs vins des 43 communes participantes, la donne a un peu changé dans cette vallée aujourd’hui réputée pour la qualité de son terroir, portée notamment par l’appellation star Terrasses du Larzac mise à l’honneur à part entière dans le concours depuis 2014, et un chapelet de villages (Montpeyroux, Saint-Saturnin, Aniane, etc.) également compétiteurs en AOP Languedoc et Grès de Montpellier, ou en IGP (Saint-Guilhem le Désert, Pays de l’Hérault, Pays d’Oc, etc.)

Conséquences, le palmarès se ressent de cette qualité avec des domaines et caves coopératives qui ne lâchent plus le podium ! Le créateur du concours Louis Villaret, en convient : « Créer il y a 32 ans l’émulation autour des vins de cette vallée avec un concours primant sans distinction de couleurs ou de millésimes des IGP et AOP à une époque où le Languedoc était réputé produire de la bibine, c’était audacieux, explique le président de la Communauté de Communes Vallée de l’Hérault. Depuis, la qualité n’a fait que s’affirmer et le palmarès du concours reflète cette dynamique avec des domaines régulièrement primés, mais aussi de nouveaux qui arrivent. »

Un concours réglementé

Le prestige étant là, reste donc la compétition… Stricte et réglementée, sans appel pour les vins à défaut. Le concours n’a-t-il pas, en 2014 suite à l’arrêté ministériel du 13 février encadrant l’attribution des médailles dans les concours afin de renforcer la sécurité des consommateurs, était inscrit sur la liste de la CGCCRF (la répression des fraudes) ? C’est donc dans un cadre réglementaire, en présence d’un huissier de justice que les vins étaient mis à l’aveugle et présentés. Au risque que certains vins soient touchés au défaut de leur cuirasse. « A l’exception d’une médaille de bronze, notre table n’a pas été en mesure de décerner de médaille cette année, tranche Florencia Stoppini, œnologue chez Joseph Castan et membre du jury. Nous avons sanctionné les 8 vins rouges dégustés. Ils étaient de qualité standard, commerciale avec des profils amyliques (des odeurs de vernis signalant le recours à des thermovinifications pointe le jury de cette table, NDLR). »

D’autres vignerons ont été plus heureux, à l’image de France et Michel Siohan-Cuny du domaine Les quatre amours à Bélarga. Ce duo d’ingénieurs agri’ repreneurs des vignes familiales après 40 ans dans l’élevage industriel, raflait encore cet année deux médailles d’or (cuvée Louis AOP rouge Languedoc 2016 et cuvée N°4 en IGP Pays de l’Hérault rouge 2016) et une d’argent (blanc « Tradition » IGP Pays d’Oc). « Notre premier millésime, c’était le 2007, se souvient Michel Siohan-Cuny. Notre première participation au concours, c’était en 2009 et on a eu cette année-là le grand prix avec la cuvée Louis ; ça nous a apporté la notoriété qu’il nous manquait à l’époque, même si ce concours est essentiellement à portée régionale », concède ce vigneron.