L’actualité de l’appellation Coteaux du Lyonnais s’est enrichie ces dernières semaines, à l’occasion de la création d’un nouveau logo pour l’AOP, et de la soirée de remise des prix du concours des Coteaux à la Cour des Loges, à Lyon, le lundi 4 juin.

L’appellation a été créée le 9 mai 1984, sous l’impulsion du ministre de l’agriculture de l’époque, Louis Mermaz, et est rattaché à la Bourgogne, selon la classification de l’INAO.

Située entre vallée du Rhône et Beaujolais, à l’ouest de Lyon, elle représente une surface de 370 hectares cultivés, sur des sols très diversifiés, composés pour certains de granits et roches métamorphiques, ou plus sableux à l’approche de l’aire d’appellation des Beaujolais Villages, ou encore plus argilo-calcaire vers les Monts d’Or.

Certains vignerons rattachent clairement l’appellation à la vallée du Rhône, comme Régis Descotes : « la vallée du Rhône nord ne s’arrête pas à Ampuis, mais bien à Lyon, et comprend donc toute la zone de l’appellation située au sud-ouest de la ville ». Rattachement que la nouvelle accroche incarne : « Coteaux du Lyonnais, le vignoble de Lyon ».

Double identité pour une seule appellation : à la fois bourguignonne et beaujolaise de par son encépagement (gamay, chardonnay et aligoté) et ses sols, mais aussi rhodanienne de par sa situation géographique, le nouveau logo traduit ces richesses culturelles, en reprenant la forme physique de l’appellation, et en proclamant son rattachement à la ville de Lyon, constituant sa véritable particularité, comparé à ses grandes sœurs du Rhône nord et du Beaujolais.

On retrouve d’ailleurs certains vignerons œuvrant à Ampuis et plus au sud, comme la talentueuse famille Clusel-Roch, réalisant le même travail de finesse et de précision sur leur Côte-Rôtie comme sur leurs cuvées en Coteaux du Lyonnais (« Traboules » et « l’Hecto » en blanc ; « Traboules » et « Galet » en rouge »), également certifiées en bio.

La cuvée « Traboule » est un très joli canon à prix abordable (environ 9€), qui livre un gamay tout en finesse et en charme fruité. « Galet » est élevée douze mois en fût, et si elle gagne en densité, les tanins restent fins et précis.

Le jury du concours des Coteaux du Lyonnais ne s’y est pas trompé, en décernant la médaille d’or à cette cuvée dans la catégorie « Rouge 2017 ».

Nous rejoignons également l’avis du jury sur la médaille d’argent, attribuée à Régis Descotes pour sa cuvée Prestige : pour un peu plus de 7€, c’est un excellent rapport prix/plaisir qui s’offre sur le côté fruité (cerise, fruits noirs) et vibrant du gamay, doublé d’une matière élégante.

Sa cuvée « L’Archevêque », réalisée uniquement sur les « beaux » millésimes, s’affiche autour de 15€ et vaut elle aussi le détour : un gamay tout en concentration, à l’élevage intégré et donnant un relief et une matière parfaitement dosée.

Côté blanc, le domaine du Petit Fromentin remporte la médaille d’or avec sa cuvée « Large », suivi par le domaine de la Petite Gallée sur la cuvée « Aligoté », ex-aequo avec le domaine Clusel-Roch et sa cuvée « l’hecto », et enfin le domaine Jomard rafle le bronze avec la cuvée « Lyonnais blanc ».

Les rosés ne sont pas en reste et Agamy se positionne en première position avec son « Or palatial », suivi par le domaine du Clos Saint-Marc et sa cuvée « Tradition », et enfin le domaine Jomard et son « Lyonnais rosé ».

Si aucune catégorie ne prévoyait de récompenser les blancs demi-secs, il en existe de vraiment charmants qui se dégustent très agréablement en dessert, ou pour l’apéritif pour les fans de sucrosité, notamment chez Régis Descotes (« Plaisir d’Automne », 13€, 50cl) et au domaine de la Petite Gallée, où Robert et Patrice Thollet vinifient une très jolie « Gourmandise d’automne », produite avec du chardonnay récolté en sur maturité.

L’appellation Coteaux du Lyonnais est définitivement à découvrir si ce n’est pas encore fait !