« Les vignerons et la population n’en veulent plus ! » C’est le slogan martelé par une association chablisienne pour faire stopper un projet de parc éolien dans la région.

« Défendons le site emblématique et historique de la voie romaine reliant Préhy à Puits-de-Courson. La vallée est un patrimoine humain, culturel, paysager et économique du Chablisien ». Jean-Marc Brocard, vice-Président de l’association Vents contre Air et vigneron emblématique de Chablis, a décidé de passer à la vitesse supérieure. La cause de sa colère : un projet d’installation prochaine de 7 nouvelles éoliennes au pied de son village.

Pour l’association Vents contre Air, l’enjeu est tout aussi bien économique avec une entrave au tourisme, qu’environnemental : le bien-être quotidien de la population locale, la préservation de la beauté d’un paysage exceptionnel dont les vignes font partie intégrante.

De nombreux autres projets sont sur le point d’aboutir dans l’Yonne et provoquent l’inquiétude des vignerons. Ils y voient une incohérence avec les incitations des pouvoirs public à promouvoir leur terroir et à s’inscrire dans une démarche « œnotouristique » destinée à attirer dans la région les touristes de tous horizons.

« Chablis et sa région sont un magnifique jardin où nous continuerons de planter, par ici des arbres, par là des vignes. Refuser de voir la dénaturation d’un site quand un industriel prétend imposer des machines à un territoire jusqu’alors préservé est indécent. Forcer toute une population à en supporter la présence indiscrète est indigne de notre culture et de notre histoire », poursuit Jean-Marc Brocard.
« Une série de machines colossales, visibles de différents lieux constitutifs de notre richesse culturelle, oblige à une contestation radicale de leur gigantisme et de leur incongruité (…) Le magnifique panorama de la colline des grands crus de Chablis doit-il se résumer à un spectacle d’éoliennes créant un effet d’encerclement de mâts culminant à 150 mètres de haut ? »

Le temps est compté pour les opposants aux éoliennes à Chablis, une enquête d’utilité (dont ils contestent les conclusions) a déjà été menée.