CI-dessus : Jean-Pierre Marie, Château Cambon La Pelouse (photo ®ANAKA)
CI-dessus : Jean-Pierre Marie, Château Cambon La Pelouse (photo ®ANAKA)

Parmi la cinquantaine de propriétés présentes le jeudi 25 octobre à la Faïencerie (Bordeaux), la dynamique appellation aux portes d’entrée du Médoc est la plus représentée. Zoom sur trois de ses ambassadeurs.

Ils n’étaient pas dans le vin dans leur première carrière et ont sauté le pas pour commencer une deuxième vie dans les vignes du Haut-Médoc. Dynamiques, ils ont redonné un nouveau souffle aux domaines qu’ils possèdent, toujours guidés par l’envie d’aller plus haut dans la quête qualitative. Les châteaux Cambon La Pelouse, Doyac et Malescasse seront aux côtés d’une quinzaine d’autres domaines de l’appellation haut-médoc, parmi les crus bourgeois en dégustation dans une semaine à La Faïencerie. Présentation de ce trio de propriétés et leur millésime 2016 (millésime commun à toutes les propriétés lors de la dégustation).

Château Cambon La Pelouse

A Macau, à 15 km au nord de Bordeaux, au début de la célèbre route des châteaux, le château Cambon La Pelouse est voisin de crus classés tels que châteaux Margaux, Giscours, Cantemerle, La Lagune… entre autres. C’est l’un des plus anciens crus du Médoc, avec trace de l’existence de ses vins dès la fin du XVIIe siècle. Depuis son acquisition par Jean-Pierre Marie (photo ci-dessus) en 1996, la propriété a entamé une véritable renaissance. Ancien cadre dans la grande distribution, l’homme n’a pas peur de relever les défis, pour emmener les vins du domaine encore et toujours plus haut. Plus de 5 millions d’euros ont été investis depuis ce rachat, affectés à la restructuration du vignoble dès 1999 pour remettre le cabernet sauvignon à l’honneur, ainsi qu’à la rénovation des chais de vinification et d’élevage, et la construction d’un bâtiment de stockage. Et parce que, pour le propriétaire, progrès peut rimer avec nature préservée, le domaine pratique la lutte raisonnée depuis 1998, est équipé d’une station de traitement des effluents depuis 2001, cultive 6 ha en bio depuis 2009, et a stoppé tout désherbage chimique en 2012… Ouverte à l’œnotourisme, Cambon La Pelouse a également créé son wine shop en 2010 et propose deux formats de visites.

Château Cambon La Pelouse 2016
Le grand vin de la propriété est produit à partir des plus anciennes parcelles, âgées de plus de 30 ans. Le millésime 2016, assemblage à 54% de cabernet sauvignon, 42% de merlot, 4% de petit verdot a une « belle couleur grenat foncée, un nez fruité et gourmand, et une bouche riche, ample et charnue. Un vin avec un magnifique équilibre, et une typicité médocaine tout en plaisir. A consommer entre 2020-2030. »

Château Doyac

Après une carrière à l’international dans le monde de la banque, Max de Pourtalès (photo ci-dessus) est revenu à ses racines bordelaises en 1998 en acquérant château Doyac. Avec l’appui de son épouse Astrid, il a entrepris d’importants travaux de rénovation à la vigne comme au chai. Agrandi en 2009, le vignoble occupe aujourd’hui 27 ha sur la partie argilo-calcaire de la commune de Saint-Seurin de Cadourne. Un nouveau chai de conditionnement et un nouveau chai à barriques ont également été construits pour optimiser l’élaboration du vin. Rejoint par leur fille Clémence en 2016, le couple s’est également alloué les conseils de l’oenologue Eric Boissenot. Dans un souci de protection de l’environnement, le vignoble est en conversion en agriculture biologique depuis 2016, et en conversion à la biodynamie depuis 2017, avec une certification Demeter prévue en 2019 (ce qui en fait l’un des précurseurs dans la catégorie des Crus Bourgeois). La propriété développe également l’oenotourisme autour de deux gîtes avec terrasse sur les vignes, et possibilité de pratiquer le Polo pour les amateurs de ce sport qui passionne également les propriétaires.

Château Doyac 2016
Assemblage à 75% de merlot et 25% de cabernet sauvignon, ce millésime 2016, « première année de passage au bio, est un vin très aromatique, fruité (fruits rouges et noire) et racé, à la bouche friande et élégante, et à la belle longueur. »

Château Malescasse

A Lamarque, entre Saint-Julien au nord et Margaux au sud, le Château Malescasse a été construit en 1824 par la famille Renouil. Après une succession de propriétaires, il entre en 1970 dans le giron de la famille Tesseron, déjà à la tête des châteaux Pontet-Canet à Pauillac et Lafon-Rochet à Saint-Estèphe. Les propriétaires replantent le domaine, pour lui faire retrouver sa surface originelle de 40 ha de vignes d’un seul tenant et restaurent les bâtiments. Passé ensuite dans les mains du groupe Alcatel-Alsthomen, château Malescasse est racheté en 2012 par Philippe Austruy. Entrepreneur infatigable, l’homme est pionnier du secteur privé de la santé et de la dépendance. Véritable passionné d’art contemporain et de vin, il possède également trois autres domaines : la Commanderie de Peyrassol en Provence depuis 2001, et depuis 2013 Quinta da Côrte (Douro) et Tenuta Casenuove (Toscane). Dès l’acquisition de château Malescasse, il initie de conséquents investissements. Le vignoble de 40 ha d’un seul tenant est restructuré en profondeur, pour sublimer le terroir de graves et augmenter la part de cabernet sauvignon, le chai rénové et le château réhabilité pour s’ouvrir à l’oenotourisme. Sous les conseils avisés de Stéphane Derenoncourt, le vignoble est cultivé en lutte raisonnée. Les traitements sont parcimonieux et extrêmement ciblés, pour accompagner la nature « dans le contexte chaque fois particulier d’un millésime, mais jamais la dompter brutalement avec des recettes normatives. »

Château Malescasse 2016
Assemblage à 53 % merlot, 38% cabernet sauvignon, 9% petit verdot, ce 2016 est « une très grande année. » Rarement été vendangés si tardivement, les cabernets sauvignons sont « exceptionnels », avec « beaucoup d’intensité olfactive et une pleine maturité conjuguée à une grande fraîcheur d’arômes. À l’arrivée, des vins avec beaucoup de densité, d’élégance et d’équilibre. D’une robe grenat pourpre, 2016 montre un nez intense de baie de sureau, de cassis, de mûre, de myrtille, de framboise fraîche, portées par un boisé léger et fondu. La bouche dense marque un beau volume dès l’attaque. Elle se poursuit sur une trame serrée de tanins mûrs et frais. Très savoureuse, charnue, pleine, puissante, elle évolue avec fermeté jusqu’à une finale dans laquelle on retrouve l’aspect pulpeux du fruit. »

Le jeudi 25 octobre 2018 à La Faïencerie – 24 rue de La Faïencerie 33000 Bordeaux, de 18h à 21h. Entrée 15 €.