(Photo JM Brouard)
(Photo JM Brouard)

Le compte à rebours est lancé. Dans quelques jours, le 3ème jeudi du mois de novembre, les consommateurs découvriront le nouveau millésime de Beaujolais nouveau. Et promis, il y a de très belles choses, surtout en 2018.

Le Beaujolais nouveau est passé par tous les stades. Il y eut d’abord l’incroyable succès commercial des débuts, grâce à Georges Duboeuf qui popularisa ce vin gouleyant et friand dans le monde entier. Les scènes de liesse, notamment au Japon, étaient alors légion. Puis la folie est quelque peu retombée. Le Beaujolais a alors progressivement rebondi, notamment en faisant redécouvrir aux amateurs la magie de ses crus. Le Beaujolais nouveau, un temps laissé de côté, montre toutefois qu’il n’a pas dit son dernier mot. De très bons producteurs en livrent chaque année leur propre version. C’est le cas du groupement « Terroirs Originels » qui a l’intérêt d’associer des vignerons de toute la région beaujolaise, du nord au sud. Et tous s’accordent pour rappeler que loin d’être simple à produire, le Beaujolais nouveau est un exercice périlleux, très sportif car les vins doivent être présentés à peine 2 mois après les vendanges. Ajoutez à cela qu’il n’y a pas d’élevage, les vins doivent donc être nets, francs, purs. Et quand en plus de bonnes fées se penchent sur le millésime comme en 2018, il y a fort à parier que le potentiel plaisir tutoie les sommets.

Souple ou complexe, à boire… ou à garder

Oubliez les préjugés qui ont encore la vie dure. Non, le Beaujolais nouveau n’est pas qu’un gentil jus de fruit alcoolisé aux arômes curieux tendance chimiques. Selon la personnalité de chaque vigneron et le terroir de naissance des vins, les résultats sont très différents. Il y en a donc pour tous les goûts. Pour vous, le Beaujolais nouveau 2018 sera une fête entre copains synonyme de joie et de plaisir immédiat. Direction la région méridionale des pierres dorées. Et particulièrement le domaine Jean-Baptiste Duperray. Ce jeune vigneron propose une cuvée vieilles vignes (âgée en moyenne de 56 ans) née sur des calcaires peu profonds dont il ressort du fruit, beaucoup de fruit. Une gourmandise qui n’est pas sans rappeler le Beaujolais nouveau de l’un de ses voisins, Anthony Perol. Un fruité croquant, salivant qui appelle naturellement une bonne planche de charcuterie. Si, a contrario, le millésime 2018 sera pour vous celui des expérimentations, achetez donc quelques bouteilles plus denses et complexes. Loin d’être aujourd’hui les plus charmeuses, elles révèlent pourtant un très joli potentiel de garde et seront de superbes surprises d’ici quelques mois, au printemps. On pense ici évidemment au Beaujolais nouveau 2018 vieilles vignes de Robert Perroud. Ce spécialiste du Brouilly et du Côtes-de-Brouilly se livre aussi à l’exercice. Avec, à la clé, des fruits noirs profonds, denses, un peu sévères mais qui laisseront éclater toute leur magie avec un peu de patience. Le Beaujolais-villages nouveau 2018 « vignes de 1951 » de Lucien Lardy n’est pas non plus là pour jouer les figurants. Il y a de la matière, du vin. On est bien loin de la picrate au goût de banane. Un vin d’esthète, au parfum entêtant de fraises bien mûres et à la droiture impressionnante. Vous hésitez encore ? Encavez donc aussi le Beaujolais nouveau vieilles vignes 2018 de Pascal Berthier. Matière énergique, fruits noirs. Le cru Saint-Amour commence juste au-dessus de la parcelle qui donne ce vin, et ça se sent ! Mais finalement, pourquoi choisir entre immédiateté et plaisir reporté… Le Beaujolais nouveau 2018 « vignes de 1929 » de Jean-Michel Dupré est la synthèse parfaite entre ces 2 mondes. Fruit superbe, matière veloutée, belle trame acide. Du fond et de la forme !