Le Conseil Interprofessionnel des vins du Languedoc vient de tenir une conférence de presse au cours de laquelle un état des lieux du vignoble a été présenté. Et dire que les choses bougent dans la région est un euphémisme.

Qu’il est loin le temps où le Languedoc était un vaste vignoble produisant principalement des vins de plaine de faible qualité. Depuis bien des années déjà et sous l’impulsion de toute une nouvelle génération, une puissante lame de fond a largement modifié le visage de cette région désormais considérée comme l’eldorado des amateurs de grands vins à prix modérés. Parmi tous les vins produits, ceux provenant de l’une des 23 AOC du Languedoc représentent cette marche continue vers la qualité. Bien que cette catégorie ne représente que 11% des volumes commercialisés (les vins IGP Pays d’Oc comptent encore pour 51%), c’est près du triple en valeur ! Leur chiffre d’affaires en 2018 s’est établi à 578 millions d’euros, en progression de près de 10% sur un an. Le marché français est encore le débouché principal (63% des ventes) mais l’export ne cesse de gagner du terrain. Le chiffre d’affaires des ventes à l’étranger était ainsi de 211,5 millions d’euros en 2018, en progression de 88% sur 8 ans. Le monde entier a découvert les vins du Languedoc et les apprécie… Les progressions sont particulièrement notables sur tous les marchés importants (États-Unis, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Chine), tant en volume qu’en prix moyen par bouteille vendue. Et si la couleur prédominante demeure le rouge (74% de la production), les vins rosés connaissent une croissance très soutenue qui ne semble pas prête à s’arrêter.

Rosé, bio et œnotourisme

Les français n’ont jamais été aussi friands de rosés. Un tiers de la consommation nationale se dirige désormais vers cette couleur qui a depuis bien longtemps dépassé le seul côté estival pour être dégustée toute l’année. L’ensemble des vignobles du Languedoc-Roussillon assure désormais 11% de la production mondiale de vins rosés. 2,4 millions d’hectolitres ont été produits en 2018 (soit une augmentation de 22% sur un an). A l’échelle nationale, les rosés du Languedoc-Roussillon sont depuis des années les plus consommés, loin devant leurs voisins provençaux.

Et au-delà de cette évolution du type de vins produits, on observe également un engagement de plus en plus important des vignerons en faveur de démarches de développement durable. Rien que sur le bio, certaines appellations locales sont désormais vues comme des locomotives. Les Terrasses du Larzac et Faugères sont labellisées bio à près de 40%, un record. Plus généralement, ce ne sont pas moins de 22 243 hectares qui sont labellisés bio dans la région, soit 29% des surfaces concernées en France. Avec, de surcroît, 5 829 hectares en cours de conversion bio ! En la matière, l’interprofession s’est fixé des objectifs très élevés à horizon 10 ans : 20% de tout le vignoble du Languedoc-Roussillon labellisé bio et 40% du vignoble certifié Haute valeur Environnementale (HVE). Ajoutez enfin à cela des cépages intéressants dans un contexte de changement climatique comme le Piquepoul et vous comprendrez facilement pourquoi, plus que jamais, tous les regards sont tournés vers ce « Sud de France ».