Mercredi 13 Mai 2026
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13.05.2026
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Affectée par les crises économiques mais aussi par des changements générationnels, la consommation mondiale de vin a continué de décliner en 2025, de 2,7 % sur un an, atteignant son niveau le plus bas depuis 1957, a estimé mardi l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).
Les achats de vins sont passés à 208 millions d'hectolitres (mhl), selon le bilan annuel de l'organisation interétatique. Depuis 2018, la consommation mondiale s'est ainsi réduite de 14 %. Sur les dix premiers marchés du vin, seul le Portugal a vu la demande croître l'an dernier, portée par la consommation nationale.
Derrière ce tableau, sont à l'œuvre des changements importants liés à de nouvelles préférences et de nouveaux modes de consommation, mais aussi, depuis le Covid, un pouvoir d'achat sous pression et des coûts et prix accrus. Trois pays en particulier ont nourri ce déclin les États-Unis, la France et la Chine.
Les États-Unis, premier marché mondial, ralentissent avec encore -4,3 % en 2025. L'OIV y voit « une combinaison de raisons économiques et comportementales » : moins d'alcool chez les jeunes, diversification des boissons et sensibilité au prix. L'impact des droits de douane imposés par Donald Trump reste difficile à isoler, mais a pesé sur les volumes.
Premier pays consommateur de l'UE, la France poursuit une descente entamée il y a des décennies avec -3,2 % l'an dernier. L'Italie (-9,4 %), l'Allemagne et l'Espagne reculent également. Hors UE, la tendance est similaire en Grande-Bretagne, en Russie ou en Suisse. Le Brésil et le Japon font figure d'exceptions avec une consommation en hausse.
La Chine, de son côté, s'effondre : onzième consommatrice mondiale (elle était 6e en 2020), elle affiche une baisse de 61 % de ses achats depuis 2020. Sa demande se révèle extrêmement sensible à l'évolution des revenus.
Pour les experts, le secteur doit s'adapter à un modèle basé sur la valeur plutôt que sur le volume. Ananda Roy, vice-président de Circana, préconise de nouveaux formats (bouteilles plus petites) et le développement des vins « no-low » (peu ou pas d'alcool), qui répondent à une demande de produits moins caloriques.
Cette montée du « no-lo », bien qu'encore minoritaire (1 à 2 % du marché selon l'OIV), progresse rapidement, tout comme l'intérêt pour les vins pétillants et la durabilité.
Parallèlement, la production mondiale continue de se contracter sous l'effet des aléas climatiques. En 2025, 227 mhl ont été vendangés. Si c'est légèrement mieux qu'en 2024 (+0,6 %), cela reste inférieur de 9,4 % à la moyenne des cinq dernières années.
Enfin, l'OIV reste prudente face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, soulignant que tout événement affectant les transports ou le coût de la vie finit par impacter le marché mondial du vin.

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