On attendait (espérait…) le succès du candidat français David Biraud, mais à l’issue d’une finale à l’environnement inédit, le titre est revenu à un Letton de 36 ans déjà sacré Meilleur sommelier des pays baltes à trois reprises.

Il va falloir s’y habituer, le monde des sommeliers passionnés de concours est en train d’évoluer de façon très sensible et, sans doute, inexorable. Et après l’Europe du Nord, le Suédois Arvid Rosengren a raflé les deux derniers titres internationaux, c’est vers celle de l’Est qu’il faut regarder. Le Letton Raimonds Tomsons en a fait la démonstration à Vienne (Autriche) en remportant le concours A.S.I. du Meilleur sommelier d’Europe. Un succès qui, a-t-il précisé, s’est appuyé sur « beaucoup de travail personnel, le soutien d’une équipe et les conseils du Meilleur sommelier du Monde 2007, le Suédois Andreas Larsson ».

Révélé il y a treize mois en Argentine où il s’invitait en demi-finale du mondial dès sa première apparition sur la scène internationale, le chef-sommelier du restaurant Vincents, à Riga, il a confirmé à Vienne avant de dominer la finale qui se déroulait en cinq étapes au cours d’un dîner de gala. Et si chacun des trois autres finalistes (Julia Scavo, Roumanie ; David Biraud, France, et Piotr Pietras, Pologne), car ils étaient quatre et non trois comme lors des précédentes éditions confirmant ainsi le peu d’écart qui séparait les quatre premiers demi-finalistes, a fait preuve de talent et d’un niveau de connaissances exceptionnel, lui a semblé au-dessus du lot. Mais encore fallait-il savoir à quelles boissons il avait été confronté, cette fameuse part de mystère qui fait que les apparences sont parfois trompeuses.

Voici les vins et spiritueux de la finale

Après avoir servi un magnum de champagne Moët et Chandon en trois minutes dans 18 verres (et non 20 comme présentés sur la table de chaque candidat), les finalistes passaient ensuite à tour de rôle. Au premier atelier, il convenait de servir un saké en apéritif à deux amis japonais. « J’ai mal commencé, j’aurais dû goûter ceux qui étaient à ma disposition et donner plus d’explications sur celui retenu », reconnaissait David Biraud finalement troisième ex-æquo avec Julia Scavo.

Direction ensuite l’accord mets-vins avec l’obligation de proposer un vin de pays différent pour chaque plat. Puis dégustation organoleptique et identification d’un vin rouge. Il s’agissait d’un vin espagnol, un Rioja Vina Tondonia 2004.

Toujours sous la pression du chronomètre, une étape classique avec la décantation et le service d’un vin rouge à quatre clients. Une question d’un convive pendant la phase technique de l’atelier visait en plus à le déstabiliser. Puis retour à la phase de dégustation quand six verres noirs étaient présentés au candidat. Il convenait de constituer trois paires de boissons issues d’un même produit commun, de les identifier et d’en donner le nom. En l’occurrence, les voici dans l’ordre de présentation : un pisco Waqar (Chili), un vin de Constance (Afrique du Sud), un single malt whisky The Irishman (Irlande), un scotch Dambruie (Ecosse), un Calvados Pierre Huet (France) et un Iscider Brändland (Suède).

Et ce n’était pas fini. Face à quatre verres de vins blancs doux, les finalistes devaient identifier cépage et origine. L’occasion de voyage à nouveau avec un Tokaji 1413 Disznoko (Hongrie), un Château Monbazillac 2013 (France), un Traminer Beerenauslese 2013 (Autriche) et enfin un Riesling Beerenauslese 2006 (Allemagne)…

Une correction d’une carte des vins où les fautes pouvaient se cacher partout puis un ultime quizz sur les sites et les personnalités du vin concluaient cette finale achevée fort tard dans la nuit viennoise.