Eric Goettelmann, Nicolas Vialettes, Pascaline Lepeltier et Jean-Baptiste Klein verront bientôt la vie en bleu, blanc rouge...
Eric Goettelmann, Nicolas Vialettes, Pascaline Lepeltier et Jean-Baptiste Klein verront bientôt la vie en bleu, blanc rouge...

Pascaline Lepeltier, Eric Goettelmann, Jean-Baptiste Klein et Nicolas Vialettes sont les lauréats de l’édition 2018 d’un concours qui prône l’excellence dans tous les métiers concernés. Retour sur une journée particulière…

Bien entendu, ils devront attendre quelques mois avant d’inscrire sur leur CV le titre de Un des meilleurs ouvriers de France. Mais leur satisfaction, voire leur intense émotion, leur permettra de patienter jusqu’à la remise officielle du diplôme dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Car pour l’instant Pascaline Lepeltier (Racines à New-York), Eric Goettelmann (groupe Bernard Loiseau à Saulieu), Jean-Baptiste Klein (La table d’Olivier Nasti à Kaysersberg) et Nicolas Vialettes (Taillevent à Paris) ne sont  »que » les lauréats de ce concours dont la finale réunissait neuf candidats aux château de Fonscolombe, en coteaux d’Aix.

Et c’est là que s’est achevée la sixième édition de l’épreuve de la classe sommellerie présidée par Philippe Faure-Brac avec l’annonce d’un palmarès marqué, pour la première fois, par la présence d’une sommelière. Un « petit bout » de femme qui ne manque pas de tempérament et qui pourrait bien entrer un peu plus dans l’histoire le 11 novembre prochain. Elle disputera alors sa quatrième finale du concours du Meilleur sommelier de France et retrouvera deux des finalistes malheureux du MOF : Florian Balzeau et Pierre Vila-Palleja.

L’importance essentielle du service

Mais bien avant de frissonner à l’annonce du résultat, les neuf candidats ont débuté leur journée de concours par un enchaînement de trois ateliers d’une durée de huit minutes chacun. Un travail d’accord mets-vins autour d’un plat de saumon qui faisait appel aux connaissances gastronomiques (il s’agissait d’une spécialité d’Alain Senderens) avant de proposer un mariage avec deux vins, l’un issu de la carte mise à disposition et l’autre laissant place à l’inspiration de chaque professionnel. La gestion commerciale s’appuyait sur un contexte précis, la mise à disposition de deux vins, la gestion pure et dure et enfin l’argumentation promotionnelle. La dernière étape nécessitait quelques connaissances de base du métier de barman en invitant chacun à réaliser un célèbre cocktail, le négroni, tout en expliquant son histoire et sa composition.

Après une brève pause, les finalistes pouvaient prendre possession de la salle de restaurant, faire connaissance avec leur commis, découvrir le menu et, bien entendu, la carte des vins mis à leur disposition. Ensuite, le ballet du service pouvait débuter avec pour chacun une table de quatre personnes et un autre de deux à gérer tout en prenant garde aux inévitables surprises prévues dans le cadre de ce jeu de rôle. Tout cela sous les yeux des membres du jury à la fois debout et assis comme des clients ordinaires.

Une épreuve qui a elle seule valait la moitié des points en jeu dans cette finale et que quatre d’entre eux ont su mieux négocier.

Réactions

Pascaline Lepeltier : « Le MOF, c’est une culture différente de ce que je fais au quotidien à New-York mais beaucoup d’amis français à New-York m’ont aidée et encouragée. J’accepte l’idée qu’être la première femme lauréate de ce concours fasse de moi un symbole. Et tant mieux s’il motive d’autres sommelières à se présenter car elles sont nombreuses en France à avoir toutes les qualités requises… »

Eric Goettelmann : « Cette troisième finale après 2007 et 2015 a donc été la bonne. Rejoindre bientôt cette famille des Meilleurs ouvriers de France s’accompagne d’un devoir d’excellence et c’est aussi un legs pour l’avenir. Je suis fier aussi d’être le premier au sein du groupe Bernard Loiseau qui est ma famille de cœur et je remercie les jeunes de l’équipe dont certains pourraient être mes enfants qui m’ont poussé pour aller jusqu’au bout. C’est leur victoire aussi ! »

Jean-Baptiste Klein : « Il y a trois semaines, j’ai pris un mauvais vrai coup sur la tête en ne me qualifiant pas pour la finale du Meilleur sommelier de France. Mais le chef Olivier Nasti a été le premier a me dire qu’il ne fallait pas baisser les bras, que j’avais les moyens de réussir ici. Pendant plus de dix ans les concours ont rythmé ma vie et maintenant je crois que je vais pouvoir passer à autre chose et consacrer plus de temps à ma famille. »

Nicolas Vialettes : « J’avais déjà connu la finale en 2015 et MOF est le seul concours auquel j’ai consacré du temps. Pour les autres je ne pourrait pas trouver le temps nécessaire. Et puis je considère qu’il est le parfait reflet de notre profession. Toutes les épreuves sont des situations que l’on peut vivre dans un restaurant. Le soutien d’Antoine Petrus a été important tant sur l’aspect technique que psychologique. Il m’a permis d’évoluer et de progresser. »