Comme d’autres grands crus avant lui, le château Angélus, 1er Grand Cru Classé A de Saint-Émilion, a annoncé mi-mars, à la veille des primeurs, sa conversion vers l’agriculture biologique sur ses 42 hectares. Rencontre avec sa co-dirigeante Stéphanie de Boüard-Rivoal.

En plein débat autour des pratiques environnementales à Bordeaux, la question mérite d’être posée : le bio est-il une impérieuse nécessité pour les crus classés ? « Impérieuse nécessité, je ne sais pas si c’est le terme exact, mais je suis convaincue que le bio sera à terme presque obligatoire pour les crus classés, répond Stéphanie de Boüard-Rivoal, co-dirigeante d’Angélus. Les crus classés sont les mieux placés pour montrer l’exemple, par rapport à de petites propriétés qui ont moins de moyens. Et je pense que le bio est l’une des attentes du consommateur quand on a un certain positionnement de prix. » Et de préciser : « c’est juste une question de temps, cela ne peut se faire que progressivement du fait des contraintes techniques, de l’observation et l’anticipation que cela requiert, des coûts plus élevés et de l’investissement humain nécessaire, puisqu’il faut être prêts à intervenir à tout moment » expose-t-elle. « A Angélus, cette décision est dans la continuité logique de ce que nous avons entrepris ces quinze dernières années, avec une agriculture raisonnée, plus propre. Pour nous aider, nous avons le recul de deux ans de conversion bio au château Bellevue (Grand Cru Classé de Saint-Emilion contiguë à Angélus, détenu en copropriété par la famille de Boüard de Laforest) et le résultat d’expérimentations menées ces dix dernières années dans notre autre propriété, La Fleur de Boüard (Lalande-de-Pomerol). Les équipes sont opérationnelles, motivées et enthousiastes, tout en sachant faire preuve de l’humilité nécessaire. »