(photo Millésima)
(photo Millésima)

Bien que la semaine dernière ait constitué un moment intense dans la campagne des primeurs, il n’en restait pas moins qu’un Premier Cru Classé en 1855 (Château Margaux) et quelques belles références n’étaient pas encore sortis. C’est désormais le cas en ce début de semaine.

À Pessac-Léognan, Domaine de Chevalier a annoncé ses prix de vente en fin de semaine dernière. Une hausse de 18,9% pour les vins rouges de ce très beau domaine, propriété d’Olivier Bernard également Président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux, organisatrice des dégustations primeurs. Un prix de 52,80 euros HT (contre 44,40 euros HT en 2015) pour le rouge donc, et de 69,60 euros HT contre 66,00 euros HT l’année dernière pour le Pessac-Léognan blanc (+5,5%).

Rive gauche, ce mardi matin, Château Brane-Cantenac a officialisé son prix de vente à 51,60 euros HT départ négociant, une hausse de 16% par rapport au précédent millésime. Château Léoville Barton s’échange à 63,60 euros HT (une augmentation de 17,7%) tandis que Château Giscours connait une forte hausse de 23,3% soutenue par des notes élevées de la part de certains critiques internationaux. Les échanges se feront aux alentours de 44,40 euros HT contre 36 euros HT l’année dernière. Château Haut-Marbuzet est proposé à 30 euros HT. De même, en appellation Margaux, Château Lascombes est proposé au prix de 57,60 euros HT, une hausse de 14,3% par rapport au millésime 2015 tandis que Château d’Issan est commercialisé à 46,80 euros HT, une augmentation de 18,2%.

La rive droite est mise en avant avec la sortie d’une référence qualitative, Château Pavie Macquin. De l’avis unanime des critiques internationaux, et de Terre de Vins qui lui attribue un 18,5/20, cette propriété reste une valeur sure que sa hausse de 11,4% ne viendra pas ternir. Le prix de revente départ négociant est de 58,80 euros HT contre 52,80 euros HT pour le millésime 2015.

A noter, ce mercredi matin, la sortie de La Mondotte et de Château Canon la Gaffelière. Commercialisés respectivement à 204 euros HT et 66 euros HT (+17% ), ces deux domaines ont été unanimement mis en avant par l’ensemble des critiques. Également Clos Fourtet pointe le bout de son nez avec une offre départ Bordeaux à 82,80 euros HT (contre 67 euros HT en 2015, soit une hausse de plus de 23% ) pour cette valeur sure de Saint-Emilion.

Mais le grand moment de cette semaine est sans nul doute la mise sur le marché de Château Margaux. Premier millésime réalisé par Philippe Bascaules depuis son retour à la direction du Premier Cru Classé de 1855, ce 2016 restera dans les esprits tant son style semble singulier. Le grand vin de Château Margaux est commercialisé à 420 euros HT au lieu de 384 euros HT, soit une hausse de 9,6% par rapport à l’année dernière, un prix identique à son collègue Château Mouton Rothschild. Le second vin, Pavillon rouge, est lui proposé à 114 euros HT, une hausse de 11,7%.

Contrairement à ce qui a été annoncé par les négociants anglais, le marché semble réceptif à une hausse de prix modérée de l’ordre de 10% à 20% maximum. Si les Premiers Grands Crus Classés n’ont pas exagéré leurs hausses, il n’en reste pas moins vrai que les marques ayant connu une forte demande l’année dernière ont sensiblement augmenté et ont souhaité un réajustement tarifaire pour répondre à la demande. Les grands perdants de cette campagne semblent être les marchands anglais qui appelaient à une stabilisation des prix. Un premier signal pour un mouvement de la place de Londres vers d’autres marchés ? Le Brexit, et avec lui la hausse des taxes d’importation sur le vin, risquent de sonner le glas d’une place de marché pourtant très dynamique pour se tourner vers un nouvel épicentre.