C’est l’histoire d’un « bordeaux sup' » qui, en un quart de siècle, s’est hissé au niveau des plus grands. Le château de Reignac célèbre ce 1er avril le 25ème anniversaire de son acquisition par Yves Vatelot. Une verticale de sa grande cuvée Balthus a permis de mesurer le chemin parcouru.

Ils sont vraiment forts, au château de Reignac. Il y a quelques années, à la faveur d’une vidéo qui a créé un inestimable « buzz » sur le web, leur Grand Vin coiffait au poteau bon nombre de crus classés de Bordeaux, au cours d’une dégustation à l’aveugle réunissant un aréopage de fins palais internationaux. D’un seul coup, Reignac cessait d’être perçu comme un « simple » bordeaux supérieur pour devenir l’un des secrets les moins bien gardés du Bordelais : un excellent vin né sur un superbe terroir (à l’Ouest de l’Entre-deux-Mers et à deux pas du Bec d’Ambès), et un incomparable rapport qualité-prix. Depuis, la notoriété des vins du château n’a cessé de croître, grâce à l’implication de toute une équipe extrêmement mobilisée derrière le projet – à commencer par le chef de culture Nicolas Lesaint, arrivé en 2009 (lequel est aussi un prolifique et talentueux blogueur, comme vous pouvez le constater ici).

Ce « projet » Reignac, c’est celui impulsé il y a 25 ans exactement par Yves et Stéphanie Vatelot. C’est le 1er avril 1990 que le couple, avec les conseils de Michel Rolland, s’est porté officiellement acquéreur de la propriété, et un quart de siècle plus tard, ils mesurent avec fierté le chemin parcouru. Aussi, afin de « fêter » cet anniversaire pas comme les autres, les propriétaires et Nicolas Lesaint (photo ci-dessous) ont eu l’idée de réunir un petit groupe dégustateurs pour une grande dégustation verticale de Balthus, la grande cuvée du château (rappelons que la production se partage entre trois rouges, dont le Grand Vin et Balthus, et un blanc) issue de deux parcelles de merlot remarquables.

Une verticale d’exception

2002-2012 : onze millésimes pour juger de l’évolution d’un très beau vin de Bordeaux, qui bien que ne figurant pas sur une appellation choyée des spéculateurs, possède de sérieux arguments pour rivaliser avec de prestigieux crus des deux rives. C’est particulièrement vrai des millésimes postérieurs à 2008, sur lesquels on sent indiscutablement un basculement qualitatif. Plus de précision dans les vinifications, plus de finesse dans l’élevage, on est en présence d’un grand vin de garde, au style affirmé. Une magnifique dégustation qui confirme que les « grands bordeaux » ne se cachent pas toujours derrière les plus rutilantes étiquettes.

Cette escale au château de Reignac était aussi, primeurs obligent, l’occasion de déguster le millésime 2014 : le Grand Vin au jus mûr et réglissé, aux tanins souples et à la finale élégante ; le Balthus plus dense et tannique, très charnu, aux notes de cerise noire et de liqueur ; et le blanc (70% sauvignon blanc, 20% sauvignon gris, 10% sémillon – sauvignon gris et sémillon vinifiés en œuf béton) bien équilibré, entre joli fruit frais et minéralité. Il y a 18 mois ans, au lendemain de vendanges compliquées, Nicolas Lesaint nous déclarait : « C’est sur des millésimes comme 2013 que l’on doit montrer qu’il y a une « patte » Reignac, que nous avons l’obligation de faire bon, quelles que soient les conditions ». Bonne nouvelle : sur un millésime comme 2014, c’est encore meilleur.

Avis aux amateurs : à l’occasion des 25 ans, l’équipe du château de Reignac a préparé une offre spéciale -25% sur sa E-Boutique. L’offre sera valable pendant 25 heures, du 01/04/15 au 02/04/15. Profitez-en en suivant ce lien.

Mathieu Doumenge

nicolaslesaint