(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

François Lurton poursuit l’extension de ses vignobles avec le domaine Nizas à Pezenas mais également les innovations en spiritueux.

François Lurton vient de racheter le domaine de Nizas à Pezenas (34) créé par l’américain John Goelet (Clos Duval) il y a une vingtaine d’années. Un vignoble de 45 ha et 14 en plantation, en AOC Pézenas mais également en IGP Pays d’Oc, notamment en sauvignon, le cépage fétiche de François Lurton mais également en souvigné, cépage résistant mis au point par l’INRA aux arômes proches du sauvignon. A Nizas, le millésime 2018 a déjà été travaillé par les équipes Lurton sous la houlette de Xavier-Luc Linglin. Le nom du domaine des Combettes qui faisait partie du rachat a par ailleurs été abandonné pour tout réintroduire dans la marque Nizas.

Autre axe de développement : le sans sulfites, généralisé dans toutes les propriétés de France, d’Argentine, du Chili et d’Espagne. « Je me suis posé la question très tôt quand j’entendais dire que les blancs rendaient malade ou donnaient des migraines, se souvient Francois Lurton. A l’époque, on soufrait les blancs à la machine, à la vendange, à la presse pour éviter l’oxydation et rien de pire que le soufre combiné ; j’ai donc travaillé depuis plus de 20 ans les Fumées Blanches sans soufre avec un inertage à l’azote. Le vin ne voit plus l’oxygène des qu’il sort de la machine ou de la cagette et ce principe d’inertage en circuit fermé rapporté d’Australie au début des années 90 résout tout. Il suffit d’un peu de soufre à la mise ». François Lurton s’est attaché également à combattre le cuivre, qu’il accuse d’annihiler les arômes, « mais comme un bon sauvignon ne peut pas être bio, il faut tout de suite passer à la biodynamie en gérant les problèmes de mildiou avec des extractions de silice. Mais je ne suis pas certifié, hormis au Chili, car je ne crois pas au cycle lunaire ; on n’a jamais pu prouver l’influence de la lune sur les végétaux mais gustativement, il faut reconnaître que les vins sont meilleurs en biodynamie, déjà parce que la vigne n’est pas stressée, elle est nourrie tranquillement dans un environnement agréable ».

Si les Fumées Blanches en sauvignon portent toujours le succès de la maison (4,8 M litres), c’est le rosé qui tire la croissance (1,3 M l. en trois ans), en particulier « parce que l’on a gardé la typicité du blanc sur la fraîcheur, les agrumes et les notes iodées pour le rosé » précise Xavier-Luc Linglin. « L’idée était de proposer le pendant du blanc en rosé ; la marque est tellement forte qu’il est plus facile de la décliner car on la gère au global ».

François Lurton et Xavier-Luc Linglin se sont également passionnés ces dernières années pour les spiritueux. Après le gin Sorgin à base de sauvignon, sort le yellow gin à base de sauvignon du Château La Louvière et vieilli 6 mois en barriques de blancs. À la carte des spiritueux, on trouve également des vermouths Léonce du nom de l’arrière grand-père de François, à base de sauvignon, de maury ou de malbec et bientôt un armagnac 100% folle blanche de 10 ans.

Hall 1 – D55