(Photo P. Martinez)
(Photo P. Martinez)

L’objectif des 25 500 visiteurs est atteint pour le salon mondial des vins méditerranéens qui vient de se clôturer à Montpellier. « Botoxé » par la présence parmi les exposants – c’est une première – du triumvirat méditerranéen Italie-Espagne-Portugal, Vinisud est déjà dans les starting-blocks pour affronter en 2019 à Paris, une édition déterminante pour son avenir.

Les portes du parc des expositions de Montpellier se sont fermées hier soir pour Vinisud sur un succès encourageant : 25 500 visiteurs dont 28% d’internationaux représentant 76 nationalités ont fréquenté sur trois jours le salon mondial des vins méditerranéens, à la rencontre de 1 420 exposants provenant de 16 pays des pourtours de la Méditerranée. En valeur absolue, cette 2ème édition annualisée est donc marquée par une hausse significative du visitorat par rapport à 2017. La précédente édition concentrait en effet 20 700 visiteurs pour 960 exposants, sans atteindre toutefois le succès de 2016 qui avait réuni à Montpellier, 1 600 producteurs. « Il y avait moins d’exposants cette année du fait des fortes baisses de récolte dans les principaux vignobles que sont l’Italie, l’Espagne, le Languedoc-Roussillon (-20% sur l’ensemble du bassin), analyse Fabrice Rieu, président de Vinisud. Mais la conjoncture a, de façon paradoxale, joué en notre faveur : la pénurie des stocks a attiré pas mal d’acheteurs internationaux qui avaient des difficultés d’approvisionnement auprès de leurs fournisseurs habituels. »

400 acheteurs internationaux recrutés

Cette édition 2018 en effet, aura été marquée par une hausse qualitative de la clientèle d’affaires : 400 acheteurs internationaux ont fait le voyage à Montpellier, dont 180 venus de Paris via la Wine Week, auxquels se sont rajoutés ceux recrutés dans le cadre du Forum International d’Affaires (FIA). Cette convention d’affaires de l’agence régionale de développement économique Ad’Occ (ex-Sud de France développement) a permis la mise en relation pendant Vinisud, en rendez-vous BtoB de 45 minutes, de 265 producteurs de la région Occitanie avec 140 acheteurs provenant de 60 pays. « Avec une dizaine de nouveaux pays acheteurs comme le Costa Rica, la Nouvelle Zélande, la Birmanie, nous avons réalisé un carton plein en Afrique avec la présence de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Nigeria. Cette édition est aussi marquée par une forte hausse des clients de gros calibres en provenance de Chine et des Etats-Unis », commente Elodie Le Dréan, responsable filière vin chez Ad’Occ. Parmi les nouveaux portefeuilles recensés au FIA, 2018 rassemble quelques grandes figures du business du vin comme l’acheteur britannique Ellis Wines (3 millions de bouteilles importées), les asiatiques Chongqing Bannière ou le site marchand www.wajiu.com de la société Beijing WJE Commerce (3,6 M de bouteilles pour un chiffre d’affaires de 64 M €), ou encore le poids lourd américain Beverage Horizon Company basé à Concord dans le Massachusetts (CA de 25 M €), déjà importateur de 12 vins français mais qui faisait le déplacement sur Montpellier avec l’objectif affiché de trouver de nouveaux « creative wines » (vins d’auteurs) selon son expression, en vins de cépages principalement. « Il y a des opportunités à saisir avec les vins occitans qui représentent un excellent rapport qualité prix, le gros du business aux USA se situant entre 10 et 15 dollars la bouteille », témoigne de son côté Luis Capitao, fondateur de Touchstone, société américaine importatrice de vins italiens et portugais (290 000 bouteilles importées par an, distribuées dans 20 états américains). Pour ce nouveau venu sur Vinisud, l’enjeu se chiffrait en container de 10 000 bouteilles, « l’objectif étant de trouver un ou deux vins français de très bon rapport qualité prix pour ensuite faire du volume. Les consommateurs américains ne s’y connaissent pas énormément ni en appellations ni en terroirs, mais ils veulent essayer de nouveaux vins à des prix très compétitifs ».

Un pool Italie-Portugal-Espagne dynamique

Au parc des expositions, ces acheteurs ont trouvé sur trois jours une offre extrêmement dynamique, notamment sur l’espace Sparkling Zone (hall B3) dédié aux vins effervescents qui rassemblait 110 références de vins (le double de l’an passé) autour d’une organisation plus festive (musique lounge, cocktails à la gloire du Spritz notamment). Considéré comme le « Focal point » du salon, le hall B3 réunissait cette année les trois poids lourds de la viticulture méditerranéenne à savoir l’Espagne (via l’Institut espagnol du commerce extérieur ICEX), l’interprofession des vins du Portugal Wine of Portugal et l’Italie, présente pour la première fois à Montpellier via la délégation commerciale d’Italie ICE. « Il y a une forte attente pour les vins étrangers à laquelle nous avons répondu en réunissant sur un même pool ces trois interprofessions, se félicite Pascale Ferranti, directrice de Vinisud. Cela a été tout un travail de fond pour faire venir les Italiens sur le salon, mais l’enjeu était de démontrer qu’il ne s’agit pas d’un salon généraliste comme le souligne notre nouvelle base-line, « le Mondial des vins méditerranéens. Nous avons tenu notre promesse, on est vraiment le mondial des vins méditerranéens ce qui va asseoir encore plus notre position à l’avenir vis-à-vis des acheteurs. »

Un lifting express pour préparer Paris

Pour Comexposium, N°3 mondial dans l’organisation de salons et nouveau patron de Vinisud depuis octobre 2017, l’enjeu est en effet colossal en terme de communication à l’international. Il s’agit de réussir en 2019 dans la capitale, la première version décentralisée de Vinisud en année impaire : le salon se tiendra alors en même temps que Vinovision Paris (créé l’année dernière) portes de Versailles, avec l’objectif de réunir 2 000 exposants autour d’une offre de vins méditerranéens et septentrionaux.

Des Occitans à Paris en 2019

Contre les fake news qui ont alimenté durant ces trois jours les allées de Vinisud (les rumeurs allaient bon train sur l’impossibilité, pour les vignerons occitans, de suivre les tarifs prohibitifs d’une édition parisienne, NDLR), la direction de Comexposium se veut rassurante. « Je suis très optimiste pour 2019, annonce Valérie Lobry, directrice générale de la division AFCO de Comexposium. Nous faisons un effort considérable sur les tarifs dans le cadre d’une opération incentive qui placera la location des stands parisiens en dessous du prix de Vinisud Montpellier (proposition tarifaire de – 12% sur la surface nue pour toute inscription avant le 30 mars 2018 soit un peu avant ProWein, NDLR). Nous souhaitons rester un salon fédérateur de l’ensemble des tailles d’exploitations et de tous les profils de vignerons sans en exclure aucun. »

L’événement parisien souhaite en effet se positionner principalement sur le marché export, afin d’exposer l’offre française dans son ensemble. Rendez-vous l’an prochain dans la capitale, pour voir si ces objectifs seront tenus.