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[Vendredi Spi] Bellevoye crée une nouvelle catégorie de spiritueux à 20° inspirée du whisky

bleu lagon flacon bellevoye perspective

"Bleu Lagon" la nouvelle création spiritueuse de la Maison Bellevoye ©JeanMichelBrouard

Auteur

Jean-Michel
Brouard

Date

20.02.2026

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La célèbre marque de whisky français Bellevoye vient de dévoiler en exclusivité mondiale à Paris sa toute nouvelle création, un spiritueux s’inscrivant dans la droite ligne de ses whiskies tout en affichant un taux d’alcool moitié moindre.

Dans la famille Bellevoye, les étiquettes se déclinent selon un code couleur. 7 teintes pour 7 typicités distinctes de son célèbre triple malt. Et il faut désormais compter sur une huitième nuance, le bleu lagon, qui a été choisie comme une déclinaison du Bellevoye bleu. Bien que la forme de la bouteille soit la même, toute ressemblance avec les autres expressions du whisky de la marque serait fortuite. En effet, à bien y regarder, un détail fait toute la différence sur l’étiquette frontale. Le mot « whisky » a été discrètement remplacé par « Maison », jouant sciemment avec les mêmes codes. Il suffit pourtant de regarder le degré de ce spiritueux, 20%, pour comprendre que l’on rentre ici dans un monde tout à fait nouveau, un très grand pas de côté d’Alexandre Sirech et Jean Moueix, les fondateurs de la marque, ouvrant une voie jusqu’ici inexploitée.

De whisky, il n’est pas directement question puisque la réglementation impose 40% d’alcool a minima pour la catégorie. En retournant la bouteille, la dénomination officielle apparaît, même si elle n’est pas très heureuse et ne rend pas hommage au travail réalisé. Il s’agit donc d’une « boisson spiritueuse à base de whisky Bellevoye ». À l’origine, Olivier Dumont, directeur technique et maître de chai, explique que la volonté d’Alexandre Sirech était de renouer avec le terroir et la matière première céréalière. Après deux ans d’essais, Olivier est donc parvenu à mettre au point un produit atypique, dont il concède qu’il l’a « imaginé plus comme un vin que comme un whisky ».

olivier dumont maître de chais maison bellevoye présente le bleu lagon
Olivier Dumont, maître de chais de la Maison Bellevoye, présente "Bleu Lagon" ©JeanMichelBrouard

Un matériau : le whisky Bellevoye bleu

Tout part du whisky Bellevoye bleu à 40%, le triple malt non tourbé en finition grain fin. Le plus facile aurait été d’imaginer une simple désalcoolisation mais l’option a été immédiatement rejetée. « Outre le fait que ce processus fait apparaître dans le produit des composés non souhaitables comme des notes oxydatives marquées, il est très énergivore » rappelle sans détour Olivier qui a évidemment mené l’expérience mais pour mieux l’abandonner. Il lui fallait donc imaginer une autre technique qui ne casse pas le whisky de base tout en conservant une large part son identité aromatique. « Une dilution classique à l’eau pour réduire le degré à 20% ne fonctionne pas car le résultat est totalement déséquilibré, le bois et les tannins prennent le dessus, renforçant le côté aqueux de l’ensemble » explique-t-il.

Un secret de fabrication : l’eau infusée pour la dilution

S’il y a bien une dilution, elle se fait avec une eau qui, à la manière d’un gin, est infusée. C’est là que réside tout le secret de la recette. Pour redonner sa place à la matière première dans la bouteille, les équipes de Bellevoye ont décidé d’utiliser leurs propres céréales cultivées autour de leur distillerie charentaise de Bercloux. Bien décidé à ne pas révéler la liste des ingrédients utilisés, Olivier Dumont concède simplement qu’outre un mélange de plusieurs céréales, d’autres aromatiques ont été utilisées en infusion. Pour rappel, de l’orge, du seigle, du sarrasin ou bien encore de l’épeautre poussent sur le site, ce qui peut donner déjà une partie des matières premières infusées.

La dégustation relance la spéculation sur les ingrédients. En effet, compte tenu de la moindre teneur en alcool, ce Bellevoye bleu lagon ne sature pas le verre d’éthanol et offre le loisir d’analyser plus longuement le nez qu’on ne le ferait avec un whisky. D’ailleurs le service dans un verre à vin est conseillé.

Les premières impressions sont très agréables, l’univers aromatique du whisky est bien là avec un fin boisé, de belles notes céréalières qui évoluent ensuite vers des notes de fruits blancs (poire) puis de fruits jaunes (eau-de-vie de mirabelle) avant de laisser poindre, comme en catimini, une très fine note fumée. De quoi arracher à Olivier un aveu, « il y a bien un peu de whisky tourbé dedans ». Côté texture, l’ensemble se montre très digeste et fluide. Le gras du whisky aurait pu être évoqué par l’onctuosité du sucre mais les équipes techniques ont souhaité un produit pur, sans artifice. La couleur est donc plus claire que le Bellevoye bleu car elle n’a pas été retravaillée avec du caramel. La chaleur de l’alcool est discrète en bouche, fondue, l’amertume guidant et allongeant l’ensemble vers une finale aérienne et suspendue.

Et une première impression convaincante

Finalement, ce produit nouvelle génération est très convaincant. Il emporte bien dans l’univers olfactif du whisky, il est facile à boire et donc peut s’imaginer seul ou avec une rondelle d’orange, en cocktail ou même en accompagnement d’un repas. Son prix reste très abordable à 34,90€ la bouteille. Reste à savoir si le public français, qui le découvrira en premier, adhèrera à ce produit trublion. Les Américains ont d’ailleurs adopté cette position d’observation et d’attente pour voir s’ils importeront à terme ce Bellevoye bleu lagon. Au pire, le produit ne prend pas mais il aura eu le mérite d’être lancé, l’esprit créatif et avant-gardiste de toute l’équipe Bellevoye ne pouvant qu’être salué. Au mieux, il installe de manière pérenne une toute nouvelle catégorie, moins calorique et à l’empreinte carbone moindre qu’un whisky, et peut se révéler un excellent relais de croissance pour la marque. Affaire à suivre.

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©JeanMichelBrouard