Lundi 27 Avril 2026
François-Régis de Fougeroux ©DR
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Date
27.04.2026
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C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès dans un accident de François-Régis de Fougeroux, survenu le 25 avril dernier. Directeur général de la Maison Langlois à Saumur et du Domaine Hubert Brochard à Sancerre, il s’était engagé avec passion, dès 2001, dans l’aventure ligérienne du Groupe Bollinger. À la rédaction de Terre de Vins, nous tenons à lui rendre un dernier hommage.
Originaire du bocage des Mauges, d’une famille d’éleveurs bovins, François-Régis de Fougeroux connaissait l’âpreté du métier de paysan, comme il nous le confiait à l’occasion d’une interview : « Mon père n’hésitait pas à me réveiller au beau milieu de la nuit pour un vêlage ». S’il a préféré la vocation pour la vigne et le vin, il n’a pourtant jamais renié ses origines : « Le domaine familial se situe non loin du cimetière des martyrs d’Yzernay dans la forêt de Vezins. Quand tu grandis dans cette atmosphère, imprégnée de l’esprit vendéen, tu es marqué à vie, tu as ça dans le sang ». Le goût du vin lui est aussi venu par tradition familiale. Cependant, lorsqu’il a commencé ses études en licence de biologie végétale, il n’était pas encore tout à fait déterminé.
En 2000, lors de son service militaire, effectué à Saumur, il rencontre Michel Villedey, directeur général de la Maison Langlois-Château. Également, choletais d’origine, il détecte en François-Régis de Fougeroux un potentiel : « Je pense qu’il a su reconnaître en moi un esprit vendéen, ce trait de caractère que nous avons en commun d’être travailleur et de cultiver un lien avec le terroir. Il avait également repéré ma capacité à m’exprimer et à parler du vin. » Cependant, il n’y a pas encore de poste vacant chez Langlois-Château. Michel Villedey conseille au jeune François-Régis, qui vient de soutenir un mémoire de Master consacré à la stabilité des bulles de champagne - ce qui était, de son propre aveu : « un peu lunaire à la fac de Nantes » - d’aller voir comment ça se passe ailleurs. Après un séjour en Australie, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre les États-Unis, Michel Villedey rappelle François-Régis : un poste d’assistant de direction vient de se libérer.
Dès le départ, Michel Villedey a misé sur François-Régis. Rentré en 2001 chez Langlois au poste d’assistant de direction, il gravit les échelons et devient rapidement responsable de production. Aux côtés du chef de caves, il coordonne la production, fait la courroie de transmission avec les équipes commerciales. Puis, on lui confie un premier marché : le Canada. En l’associant progressivement au processus de décision, Michel Villedey peut quitter Langlois en 2008 sans regret : il a formé son successeur. François-Régis de Fougeroux devient directeur général à seulement 32 ans mais peut compter sur son mentor : « Jusqu’en 2013, année au cours de laquelle il quitte la présidence de la Maison, je peux m’appuyer sur son expérience et sa vision ».
Après le départ de Michel Villedey, le Groupe Bollinger renouvelle sa confiance à François-Régis de Fougeroux. En 2023, Langlois-Châteaux devient Langlois et recentre son activité sur les crémants. En parallèle, le Groupe, qui vient de faire l’acquisition du Domaine Hubert Brochard à Sancerre, lui confie également les rênes de cette partie vins tranquilles. De Saumur, il pilote un immense domaine sancerrois, en tout 90 hectares, constitués au fil des acquisitions successives qui débutèrent dans les années 90. François-Régis de Fougeroux dirigeait donc tout le pôle « Loire » du Groupe Bollinger, épaulé par Rodrigo Zamorano, directeur du site Hubert Brochard à Chavignol.
Lorsqu’on l’interrogeait sur son parcours chez Langlois, François-Régis de Fougeroux faisait preuve d’humilité et de gratitude : « Je crois que mon parcours tient de la Providence. Langlois représentait pour moi la maison saumuroise parfaite. La seule, lorsque je l’ai rejointe, à ne pas être seulement négociante. Cet ancrage viticole est crucial pour moi. Au fond, je reste un paysan, même si mes mains n’ont plus de cales ». Il avait aussi trouvé un point d’ancrage, une maison dans laquelle on reste par attachement et pour grandir avec elle. Au quotidien, il travaillait avec Laurent Onillon, directeur commercial qui il était rentré chez Langlois-Château la même année que lui, il y a 25 ans.
François-Régis de Fougeroux laisse derrière lui le souvenir d’un homme profondément bon et engagé pour le terroir ligérien. La rédaction de Terre de Vins présente ses condoléances à son épouse, ses quatre enfants et à toutes les équipes de la Maison Langlois et du Domaine Hubert Brochard.


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