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À Cahors, 2026 toutes les cartes en main pour un grand millésime

Vendanges au Domaine de Sébastien Sigaud, Pech Chagut, dans le Lot. ©Elisa Centis

Auteur

Elisa
Centis

Date

22.09.2026

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La qualité du raisin ramassé ou encore sur pied donne le sourire aux professionnels de la viticulture dans le Lot. Cette vendange-là évoque les meilleurs millésimes aux vignerons de Cahors. 

Les vendanges battent leur plein dans le Lot. « Pour les vins de Cahors, la majorité de la récolte a commencé le 14 septembre et nous devrions entrer dans le pic ce lundi 21 septembre », annonce Sébastien Sigaud, président de l'Union interprofessionnelle des vins de Cahors et des Côtes du Lot (UIVCCL, rassemblant IGP Côtes du Lot et AOC Cahors, soit entre 3 600 – 3 800 ha, dont 2 600 ha pour l'AOC Cahors).

Selon les premières observations des vigneronnes et vignerons, ce millésime s'annonce prometteur. « C'est très bon. Nous observons, par exemple, que la rafle de malbec [cépage principal de l'AOC Cahors, NDLR] est rouge. C'est le signe de baies plus goûteuses que lorsque la rafle est restée verte », décrit Sébastien Sigaud, qui coordonnait ce dimanche 20 septembre les vendanges manuelles d'une parcelle du domaine Pech Chagut à Prayssac. « Malgré les canicules, le malbec a bien résisté, les feuilles sont restées vertes, il n'y a pas eu de dessèchement », poursuit-il. 

Les bénéfices de l'été indien

« Nous avons une très haute qualité, le raisin est très sain », analyse aussi Cédric Blanc, directeur technique du Château Lagrézette. Le domaine (53 hectares), dont la direction a été reprise en début d'année par Sonia Perrin, a rentré ses raisins pour les rosés et vins rouges légers mi-septembre. Désormais, Cédric Blanc attend la pleine maturité pour les malbecs destinés aux cuvées structurées et puissantes. « Ce samedi 19 septembre, j'ai refait un tour des parcelles. Même si l'équilibre sucre/acidité est bon, les raisins manquent de maturité au niveau des tanins. Nous avons la chance d'avoir un été indien qui nous permet de peaufiner et d'attendre la maturité parfaite ». 

« Nous avons manqué d'eau »

Au niveau des quantités, les rendements devraient toutefois être en dessous des espérances. « En fonction des zones, nous devrions être à 25 hectos/ha et 45 hectos/ha, car nous avons manqué d'eau », explique Sébastien Sigaud. « Nous avons eu un orage le 24 août qui a été très salutaire, mais c'est tombé de manière très hétérogène et il nous a manqué un orage en juillet ». Au Château Lagrézette, les premières estimations de rendements sont aussi inférieures aux objectifs. « Nous devrions être entre 25 et 30 hecto/ha, alors que nous visons entre 40 et 45 hecto/ha. Même si les grappes sont nombreuses, les baies sont petites. Cela résulte de la climatologie du millésime. Après un hiver très pluvieux, nous avons eu peu d'eau en avril, mai et juin. Et on a eu moins de 10 mm en juillet », décrit également Cédric Blanc. Il en résulte un nombre important de raisins « faibles en jus », observe également Alexandre Gélis, oenologue-conseil au laboratoire Thiollet-Oeno 46. En quantité, ce millésime se rapproche de celui de 2025. 

« Du fruit frais en arôme »

De façon ambivalente, c'est aussi cette petite quantité de jus dans les baies qui fait la qualité du millésime. « Quand on a de gros raisins, ils sont pleins d'eau. C'est dilué. Quand la baie est petite, c'est intéressant pour la qualité du vin », remarque Cédric Blanc. « Aujourd'hui, le potentiel sur pied rappelle les grands millésimes, comme 2009, 2011, 2015 ou 2022, car nous avons aussi de bonnes conditions pour attendre la maturité parfaite. Ce sera ensuite à nous d'être méticuleux en vinification », termine le directeur technique du Château Lagrézette. 

« Malgré la chaleur, on voit que les acidités remontent en fin de vinification. On reste sur du fruit frais en arôme. Les degrés d'alcool ne s'envolent pas et restent entre 13,5° et 15°. Avec cette récolte, on va pouvoir tout faire, de l'entrée et de la moyenne gamme, comme du haut de gamme », ajoute Alexandre Gélis. Cette bonne combinaison donne le sourire à Sébastien Sigaud qui conclut : « C'est un millésime qui va plaire aux consommateurs ».