(photo : JM Brouard)
(photo : JM Brouard)

Le Mexique produit du vin depuis plusieurs siècles. Découverte d’un pays plus connu pour ses temples précolombiens que pour son vignoble.

Vous faites peut-être partie des chanceux qui ont prévu de passer de prochaines vacances au Mexique… Au-delà de toutes les merveilles dont regorge le pays, il y en a peut-être une que vous ne soupçonnez pas. Ce sont les vignes que l’on trouve à travers le pays et dont l’histoire remonte au XVIème siècle ! La vigne pré-existait et était déjà utilisée par les populations pré-colombiennes pour réaliser un breuvage qui était alors mélangé à du miel. Mais ce sont les conquistadors espagnols qui vont planter de nouvelles vignes dès 1521. Le vin sera initialement destiné à une utilisation religieuse. Depuis Mexico, les vignobles vont alors se développer vers le nord du pays, dans d’autres régions notamment la Basse Californie.

L’expansion importante et rapide de la production de vin va créer une concurrence pour les vins espagnols, conduisant alors le roi Felipe II à demander la destruction des vignobles mexicains en 1595. Mais certaines bodegas bénéficièrent d’une autorisation spéciale pour que les ecclésiastiques puissent continuer à avoir du vin pour la messe. C’est ainsi que le roi autorisa en 1597 la Bodega San Lorenzo (aujourd’hui Casa Madero) à continuer à produire le précieux breuvage. Cela en fait la plus ancienne propriété viticole d’Amérique et l’une des plus anciennes encore en activité au monde ! Riche d’une histoire très longue, le vin mexicain ne va toutefois réellement retrouver un certain dynamisme que dans les années 1950 à 1970, principalement en Basse Californie. Aujourd’hui, ce sont 6500 hectares qui sont en production, répartis entre 200 domaines. Encore un petit poucet mais qui souhaite devenir grand dans les prochaines décennies.

Des terroirs variés, du potentiel mais une identité encore à affirmer

Le gigantisme du Mexique (près de 4 fois plus grand que la France) explique évidemment que l’on y trouve une grande variété de sols (galets roulés, sable, graves, granite, argiles rouges, argiles brunes, etc.). Toutefois, un problème récurrent se pose pour la culture de la vigne et la production de vin : le manque d’eau. Le climat y est en effet souvent méditerranéen, peu humide. L’irrigation est donc partout présente et indispensable dans la dizaine de régions viticoles que compte le pays.

Parmi elles, la Basse Californie (langue de terre dans le prolongement de la Californie américaine) concentre aujourd’hui une grande part de la production nationale. D’autres régions commencent à compter comme Coahuila ou Aguascalientes. Les cépages plantés sont tous internationaux, du chardonnay, chenin blanc et sauvignon blanc pour les blancs au cabernet-sauvignon, merlot, nebbiolo ou bien encore carignan pour les rouges. Bien que des moyens importants soient investis par des grands groupes pour permettre la production de vins de qualité, la marge de progrès est encore significative.

Les vins de la cave Monte Xanic, de la Casa Madero ou bien encore de la Vinicola Santa Elena, reconnues localement comme des références, produisent aujourd’hui des vins un peu caricaturaux. Si les blancs sont simples et très aromatiques, les rouges présentent des notes fruitées très mûres, presque confites. S’y ajoutent pour les cuvées haut-de-gamme, une utilisation massive du bois neuf qui écrase les vins qui n’ont bien souvent pas assez de matière pour le supporter. Une envie de trop bien faire peut-être. Mais ce n’est que le début. Nul doute que les producteurs devraient réussir, dans les prochaines années, à affiner leurs vins et affirmer une identité singulière.