Pour célébrer ses 125 ans, la plus ancienne cave coopérative de France rêvait de grandes célébrations. La crise sanitaire a réduit la voilure, mais l’esprit demeure et les festivités se préparent.

Commencer l’année de ses 125 ans avec la Covid-19, ce n’était pas de chance pour la Cave coopérative de Ribeauvillé (Haut-Rhin). Finalement, la difficulté a dû l’encourager puisque son bilan commercial à l’issue de la crise sanitaire est enviable. Il faut dire que son dynamique président Yves Baltenweck a su réagir et s’organiser pour travailler. La production n’a fermé que deux jours au début du confinement, un drive s’est ouvert dans la foulée. Grâce aussi au mailing de printemps et à la fidélité de nombreux clients, le chiffre d’affaires n’a baissé que de 30% à fin avril, ce qui est plus qu’honorable. Nombre de vignerons, idéalement situés sur la Route des Vins n’ont pas vendu une bouteille sur cette même période. Pour la Cave, qui élabore deux vins sous l’étiquette “Reflets de France” en grande distribution, le succès a même été au rendez-vous. Son crémant d’Alsace a bondi de 8%. La preuve que les confinés ont trouvé des raisons de faire la fête avec les bulles alsaciennes.

1ère cave coopérative de France en 1895

La cave a été créée en 1895 par des vignerons polyculteurs de Ribeauvillé pour faire face à la crise qui frappait l’Alsace depuis le rattachement à l’Allemagne en 1870. C’est la plus ancienne cave coopérative d’Alsace et de France. Elle gère un vignoble 235 ha répartis entre Ribeauvillé et les communes voisines Bergheim, Rorschwihr, Rodern et Saint-Hippolyte, au nord de Colmar. Le vignoble se trouve sur une faille géologique, ce qui donne une variété incomparable de terroirs, arènes granitiques, sédiments argilo-calcaires, schistes gréseux et marnes. Elle exploite quatre grands crus Gloeckelberg, Osterberg et les plus connus l’Altenberg de Bergheim et le Kirchberg de Ribeauvillé. Mais sa réputation vient aussi du Clos du Zahnacker, au sein du grand cru Osterberg, qu’elle exploite dans sa totalité depuis 1965, dont la réputation remonte au 8è siècle. Ses vins se vendaient jadis deux fois plus cher que ceux du grand cru Schoenenbourg.

Lieu-dit Silberberg pour les 125 ans

Pour célébrer son anniversaire, la Cave de Ribeauvillé a choisi de mettre en avant un de ses sept lieux-dits, le Silberberg de Rorschwihr, un terroir argilo-limoneux en surface, sur une base de Muschelkalk silicifié. C’est un riesling à la forte personnalité, frais et structuré, qui frappe par son intensité et sa persistance en bouche. Ce millésime 2017 se boit avec plaisir mais se conservera en se bonifiant une dizaine d’années. On ne s’étonne pas qu’il figure sur la liste des futurs premiers crus.

Située à l’entrée de la cité, la Cave de Ribeauvillé prend une part active au rayonnement de la ville. Ella accueille le public toute l’année, avec visite des installations, conférences sur le vin, les terroirs, les accords mets et vins. Elle possède un musée permanent retraçant l’histoire de la vigne et du vin en Alsace, ainsi que des expositions artistiques. Avec sa silhouette jaune vif, elle n’a qu’une rivale, Beauvillé, la Manufacture d’Impressions sur Étoffes qui était déjà réputée avant le décret signé par Louis XV en 1759 qui transforma son artisanat en industrie royale. Gageons que la Cave de Ribeauvillé est en route vers la même célébrité.

En savoir plus :
www.vins-ribeauville.com