Moins d’un an après avoir rencontré le fameux vigneron Jo Pithon et racheté son domaine d’Anjou, le passionné Ivan Massonnat donne un nom à sa nouvelle entité de la vallée du Layon, désormais enrichie en Quarts-de-Chaume et Savennières. Le domaine Bel Argus fait honneur à un papillon bleu qui se plait dans le micro-climat du Layon. Et rend hommage à la cuvée la plus rare que produisait Jo Pithon “Belargus des Treilles”.

C’est une belle histoire qui se conclut avec « Bel Argus », et une nouvelle aventure qui commence. A l’origine, il y a un homme d’affaire passionné de vin qui veut constituer un domaine, Ivan Massonnat, sans avoir d’idée arrêtée sur la région, mais qui veut de vrais terroirs. De l’autre il y Jo Pithon, une figure de la Vallée de la Loire, qui a révolutionné les Coteaux du Layon dans les années 1990 en relançant la production de vins concentrés et voulait transmettre le domaine Pithon-Paillé, constitué avec sa femme Isabelle, à une personne prête à en assurer une digne suite.

Une collection de trois terroirs

Ivan Massonnat a compris que l’Anjou était une terre à la hauteur de ses ambitions et la vente s’est faite au printemps. Depuis, les choses ont continué à bon rythme. Ivan Massonnat a acquit 10 hectares du domaine Laffourcade en Quarts-de-Chaume (le seule grand cru ligérien) à quelques encablures de sa base, le fameux Clos des Treilles, joyau du domaine Pithon-Paillé en Coteaux-du-Layon, un coteau de 3 ha exposé plein sud, qui avait été complètement abandonné à cause de sa forte pente (30 à 70%). La dernière acquisition a été conclue fin novembre et vient apporter un nouveau terroir exceptionnel au domaine Bel-Argus. Il s’agit en appellation Savennières de 45 ares d’un autre coteau abrupt, clos de murs et implanté sur une minuscule couche de terre au dessus de magnifiques schistes pourpres. Défriché seulement il y a une dizaine d’année, ce clos se trouve juste à la limite de l’encore plus rare appellation Savennières Roche-aux-Moines. Il appartenait à la famille Taillandier qui lui cède un fermage de 2,5 ha sur la même appellation.

A la tête désormais d’un vignoble de 26 ha, Ivan Massonnat a engagé une équipe jeune et très qualifiée pour travailler dans le respect des hommes et des lieux. Pour l’inspirer, l’ancien vigneron du Muscadet Guy Bossard a été engagé et conseillera sur la conversion de l’ensemble en biodynamie. Quant à Jo Pithon il demeure comme consultant, ravi d’avoir trouvé quelqu’un qui a la même vision que lui et peut investir dans le bons sens : « Je sais qu’Ivan a une vision collective du vignoble de chenin, que toute la région va en tirer profit. Des précurseurs comme Richard Leroy et Marc Angeli ont ouvert la voie, la nouvelle génération a de la chance, elle va transformer l’essai ».

Photos Isabelle Bachelard