(crédit photo Groupe Lavorel)
(crédit photo Groupe Lavorel)

Après une mise en vente au printemps 2020 par son ancien propriétaire, l’Institut Pasteur, le Château des Ravatys a été acquis le 23 décembre par le groupe hôtelier de Jean-Claude Lavorel – propriétaire d’une vingtaine d’établissements hôteliers, dont le Château de Bagnols en Beaujolais, ou encore Les Suites de la Potinière et le Chabichou à Courchevel, le Palace de Menton, etc.

L’Institut Pasteur avait posé une seule condition à la vente (autre que le prix et la qualité globale du projet) : que l’activité viticole soit maintenue. Cette condition a rencontré l’envie de Jean-Claude Lavorel d’investir et de s’investir dans un domaine viticole. Entretien avec le nouveau propriétaire.

Pourquoi avoir choisi le Château des Ravatys ?
J’avais dans l’idée depuis plusieurs années d’acquérir un domaine viticole, tout simplement parce que j’ai toujours aimé le vin, et en boire, surtout les rouges. Et puis j’avais envie de participer concrètement à ce processus de transformation du vin. C’est un processus de création fascinant, et une vraie réalisation : cela apporte quelque chose de plus par rapport aux prestations de service que nous fournissons, qui, aussi excellentes soient-elles, restent immatérielles.
J’avais envie de pouvoir profiter et faire profiter du produit de nos efforts, au sens propre.
D’autant que le groupe possède une vingtaine de restaurants, donc pouvoir servir le vin produit dans un de nos établissements dans les autres, c’est gratifiant.
Nous avions déjà visité une quinzaine de domaines lorsque la vente du Château des Ravatys s’est présentée, et là, tout nous convenait : l’ensemble architectural avec notamment la superbe orangerie, la qualité du vin, et surtout le potentiel de développement du lieu.
Sans compter qu’il est situé à 40 minutes du siège du groupe, ce qui est une condition indispensable pour mener correctement une activité : sans proximité, c’est compliqué.

Vous êtes déjà propriétaire du Château de Bagnols, hôtel 5* Relais & Châteaux : quelle différence allez-vous faire entre ces deux établissements ?

Ils seront complémentaires. Le Château de Bagnols est un établissement hôtelier, ce que ne sera pas le Château des Ravatys, qui va avant tout rester un domaine de culture de la vigne et de production du vin, mais aussi conserver sa vocation réceptive, qui se traduira sous forme de gîtes afin de permettre aux convives de rester profiter du lieu après un mariage, une dégustation ou un événement qui se sera tenu sur place.
L’ensemble du Château abrite en effet de nombreux événements et manifestations, des mariages à la désormais célèbre “Bien Boire en Beaujolais”, qui seront bien évidemment maintenus. Nous développerons également toute la partie œnotouristique.

Quelles autres pistes de développement envisagez-vous pour le domaine ?
Le vin produit est d’une qualité qui nous a séduit. Nous souhaitons donc continuer dans la même direction, avec le double objectif de continuer à monter en gamme, et de produire davantage. La production de vin n’était ni la passion ni l’objectif premier de l’Institut Pasteur, qui a fait un super travail, mais sans volonté particulière de développer la production et les ventes.
Nous conservons donc les salariés et les métayers actuels, ainsi que la société bellevilloise Cemir, mais avec cette envie d’aller plus loin, et pourquoi pas de concurrencer les grands Bourgognes.
Le Beaujolais a été vilipendé à cause du Nouveau, mais n’a rien à envier à certains terroirs plus au nord, et l’appellation Côte-de-Brouilly est déjà reconnue comme un grand terroir de qualité, à juste titre.
Nous produirons donc plusieurs gammes, dont une gamme destinée à la gastronomie et à la garde, avec des élevages plus longs.
Nous souhaitons également entamer rapidement une transition vers l’agriculture biologique.

Le montant de la vente a-t-il été consacré, comme annoncé au printemps dernier, au vaccin contre le Covid-19 ?
Ça, ça appartient à l’Institut Pasteur. En revanche, acquérir ce domaine en particulier a donné un sens supplémentaire à notre projet.
Les fondations et associations ont plus de mal à trouver des fonds en cette période, donc savoir que l’on participe à quelque chose d’utile n’est pas négligeable.
Et si demain je suis vacciné, avec un vaccin de l’Institut Pasteur, grâce à l’argent que j’ai versé, en buvant un verre de vin du Château, ce sera pas mal ! (rires)