Le champagne Bollinger lance le deuxième opus de sa nouvelle cuvée consacrée au pinot noir. Si le cru mis en avant peut changer chaque année, Verzenay a encore été retenu. À travers ce vin complexe dans son mode d’élaboration et poussant très loin les curseurs qui ont fait le style de la marque, la Maison continue son voyage exploratoire autour de ce cépage iconique de la Champagne.

En 2020, Bollinger avait intrigué la planète vin avec sa nouvelle cuvée au nom énigmatique : “PNVZ15”. Voici désormais “PNVZ16”, la deuxième édition. Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’année dernière, le champagne favori de l’agent 007 cultive un certain goût pour les codes, l’abréviation reprend ainsi les planchots identifiant les différents lots de vins dans les caves : PN pour pinot noir, VZ pour Verzenay, et 16 pour la base 2016. Le directeur général de la Maison, Charles Armand de Belenet et Denis Bunner, le chef de caves adjoint, commentent : “Le nom conserve le côté authentique, un peu brut et en même temps, il amusera les winegeeks, qui vont chercher à le décrypter parce que c’est un vin qui est relativement complexe dans son assemblage, une véritable montre suisse avec une multitude de petites pièces.”

L’objectif est de mettre en lumière chaque année un cru principal dont on appréciera particulièrement l’expression du pinot noir. La surprise, c’est de voir sortir deux fois d’affilée Verzenay, qui représente environ 50% de la cuvée et qui est porté par deux autres crus : Tauxières et Bouzy. L’explication ? En 2016, les pinots noirs de Verzenay, malgré leur situation au Nord de la Montagne, avaient une maturité supérieure à ceux d’Aÿ, l’autre cru fétiche de la Maison. “On oublie toujours qu’il n’y a pas que l’exposition. Il faut prendre en compte la pluviométrie. Il existe un couloir de pluie dans la vallée de la Marne et certaines années Aÿ, Tauxières et Bouzy sont arrosés, alors que Verzenay reste à l’écart. En 2016, Verzenay était plus harmonieux avec un fruit intense et gourmand”.

L’idée de cette cuvée est aussi de pousser plus loin les grands piliers de la maison : d’abord le pinot noir (100% contre 60% sur le Special cuvée), ensuite la proportion de magnums de réserve (20% contre 5 à 10%), enfin le bois (50% contre 20%). Compte tenu de ces paramètres techniques exigeants, ce nouveau champagne a impliqué des investissements importants, qui expliquent en partie le passage du chai de 3000 à 4000 fûts.

Mais l’avantage de la combinaison de ces différents modes de vinification du pinot noir réside dans l’obtention de ce style multicouches caractéristique de Bollinger, avec à la fois des fruits mûrs, des fruits secs et des fruits compotés. Les magnums en particulier permettent d’ajouter ces notes épicées, un peu toastées, très intéressantes pour contrebalancer le style oxydatif de la Maison. Mais, alors que dans le Special cuvée, ils garantissent la constance, le maître mot pour PN serait davantage la synergie que l’on peut trouver entre les vins de réserve et le cru principal. Pour cette édition 2016, on est ainsi allé rechercher des magnums encore plus anciens que pour PNVZ15 avec des vins de Verzenay remontant à 2006 !

Le résultat, c’est un champagne très large qui vous enveloppe la bouche, mais avec en même temps une grande longueur et une finesse saline aguicheuse. Le fruit intense part sur le coing, la mirabelle, la rhubarbe… On retrouve cette finale sur les grands amers qu’on avait pu déjà apprécier dans l’édition 2015, mais cette fois sans doute avec un peu plus de retenue, ce qui lui donne un supplément de rondeur et de gourmandise.

La Maison Bollinger confirme ainsi sa qualité d’experte du pinot noir, un cépage qu’elle n’entend pas lâcher. “Il y a dans ce projet une dimension patrimoniale. Le Pinot noir est un cépage soumis aux effets du réchauffement climatique, plus encore que le chardonnay qui est plus plastique et que l’on retrouve sous toutes les latitudes. Pour autant, nous ne voulons pas abandonner cette bataille en regardant ce que peuvent donner d’autres cépages. Nous restons convaincus que la combinaison du pinot noir et de nos terroirs fonctionne de manière exceptionnelle ce qui rend ce cépage unique. Voilà pourquoi il est nécessaire de mener tout un travail d’exploration, mais aussi de protection du goût et de la typicité du pinot noir en Champagne ce qui nous amène à beaucoup expérimenter. L’une des solutions passe par le couvert végétal en misant sur l’autonomie des sols. Nous avons rencontré récemment des experts de l’INRA de Dijon qui nous disaient que – 30% de biodiversité dans les sols, cela représentait – 40% de minéralisation et trois fois plus de durée de vie pour les pathogènes au niveau de la surface des sols”.

Prix recommandé 90 €
www.champagne-bollinger.com