(photo SVBA)
(photo SVBA)

Pour la première fois dans le cadre de Bordeaux Fête le Vin, les Vignerons bio d’Aquitaine organisent une dégustation destinée au grand public, dans la grande halle de Darwin, de l’autre côté du fleuve. En musique s’il vous plaît !

Ce samedi, troisième jour de Bordeaux Fête le Vin, « vin bio » rimera avec musique et amateurs, de 17h30 à 21h (10 € l’entrée, concert et trois verres de vin sur réservation sur www.bordeauxfetelevin.com, gratuit pour les moins de 15 ans). Pour cette dégustation organisée par le syndicat des Vignerons bio d’Aquitaine (SVBA), la cinquième symphonie de Beethoven raisonnera à deux reprises pendant 35 minutes grâce aux instruments de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine (ONBA), dirigés par le chef d’orchestre Paul Daniel.

« La musique est comme le vin, elle appartient à tout le monde », c’est dans cet esprit que Paul Daniel, le chef de l’ONBA a accepté de participer à la grande dégustation de vins bios d’Aquitaine. « l’Orchestre de Bordeaux appartient à tout le monde, affirme le chef d’orchestre, personne ne doit être exclu ». L’orchestre raisonnera une première fois à 18h30, puis à 20h, se mêlant au joyeux tintement des verres.

21 vignerons bio d’Aquitaine et fiers de l’être

Alors qu’un débat sur l’abandon possible ou non de l’usage des pesticides en agriculture occupe l’espace médiatique depuis plusieurs mois, les Vignerons bio d’Aquitaine, eux ont choisi cette dégustation en rencontrant les amateurs pendant Bordeaux Fête le Vin pour une meilleure pédagogie par la dégustation. Leur philosophie de culture en bio devient de moins en moins isolée ou marginale. « Aujourd’hui, ce sont 10 500 hectares cultivés en agriculture biologique par un peu plus de 700 vignerons en Aquitaine. Soit 7% des surfaces, ce qui place toujours notre région en 3ème région de France en matière de production de vins bio » introduit Gwenaëlle Le Guillou, directrice du syndicat des Vignerons bio d’Aquitaine.

Pendant trois heures, vous aurez l’occasion de rencontrer des vignerons de toutes les appellations d’Aquitaine : du Médoc à Madiran, en passant par Sauternes, Saint-Emilion, Cadillac ou encore l’Entre-Deux-mers, Montagne Saint-Emilion, Duras, Blaye ou Bourg, etc. Une diversité de sols, de cépages et de savoir-faire qui doivent faire la richesse de la découverte dans le verre. Et la possibilité de poser des questions, sur ces pratiques culturales, de plus en encouragées par les institutionnels. François Hollande, lui-même, lors de sa venue pour l’inauguration de la Cité du Vin le 31 mai dernier à Bordeaux, l’évoquait.

Objectif zéro pesticides à Bordeaux ?

Tandis que Bernard Farges, en tant que président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, a lui, émis l’idée, d’un objectif « zéro pesticides » dans les vignes de Bordeaux d’ici quelques années. L’agriculture biologique serait un des moyens d’atteindre cet objectif, comme le rappelle Gwenaëlle Le Guillou, directrice du SVBA : « La viticulture biologique offre une possibilité évidente de sortie des pesticides, puisque la réglementation européenne interdit l’usage, en bio, de tout pesticide chimique de synthèse, de tout désherbant chimique et de tout engrais chimique ». Avant d’ajouter : « en bio, le maître mot est « mieux vaut prévenir que guérir ». C’est donc en préservant les équilibres naturels que le vigneron cherche à lutter, en amont, contre les maladies de la vigne. Pour sortir des pesticides, l’agriculture biologique est une solution. La conversion vers la Bio doit toutefois être correctement accompagnée, car, contrairement à ce que l’on peut croire, la viticulture Bio suppose une très grande technicité ».
Des surfaces en Aquitaine peut-être encore trop modestes, mais qui ont triplé en dix ans. Un phénomène qui pourrait continuer avec les créations de la nouvelle grande région « Nouvelle Aquitaine », et la mise en valeur de territoires particulièrement dynamiques en agriculture biologique, grâce à des dégustations grand public comme celle-ci. « On voit que Bergerac a dépassé les 12 % de son vignoble en bio, Duras a également fortement augmenté ses surfaces. C’est vrai aussi pour Irouléguy au Pays Basque. Même si c’est en Gironde que 75% des surfaces bio existent, avec des zones très dynamiques comme en entre-deux-mers, côtes de Bordeaux ou encore Libournais », analyse Gwenaëlle Le Guillou.

Les vignerons présents samedi soir à Darwin :
Patrick Boudon – Château Haut Mallet et Domaine du Bourdieu (Entre-deux-Mers Haut Benauge et Bordeaux supérieur)
Anne-Lise Goujon – Château Moulin de Lagnet (Saint-Emilion)
Pierre-Alexandre Gazaille – Château Meyre (Haut-Médoc Cru Bourgeois ; Margaux)
Aude Planty – Château du Carpia (Bordeaux)
Bertrand de Sercey – Château du Rocher (Saint-Emilion Grand Cru)
Dominique Vacher – Château Grand Français (Bordeaux supérieur)
Yorick Lavaud – Domaine Les Carmels (Cadillac Côtes de Bordeaux)
Michel Liessi – Château du Champ du Moulin (Bordeaux)
Adrien David Beaulieu – Château Coutet (Saint-Emilion Grand Cru)
Yuxue Claverie Li – Château Lavergne Dulong (Bordeaux supérieur)
Sophie Foray – Château Franc Baudron (Montagne Saint-Emilion)
Olivier Lacoste – Château Lagrange (Cadillac Côtes de Bordeaux)
Corine Mauro  – Domaine Mauro Guicheney Sainte Frivole (Duras)
Vincent Lataste – Château de Lardiley – Vignobles Vincent Lataste (Cadillac Côtes de Bordeaux)
Olivier Chéty – Château Haut Colombier (Blaye Côtes de Bordeaux)
Pierre-Henri Cosyns – Château Grand Launay (Côtes de Bourg)
Philippe Mur – Clos Basté (Madiran)
Benoit Vinet – Domaine Emile Grelier (Bordeaux supérieur)
Corine Lateyron Despagne – Château Tour Calon (Montagne Saint-Emilion)
Vignobles Famille Cassy Laurent – Château Chillac et Château Quillet ( Bordeaux,  jus de raisin et fine de Bordeaux)
Domaine Pascaud Villefranche (Sauternes)