La famille Dubourdieu poursuit ses investissements dans le vignoble bordelais. Avec des chantiers en vue à Clos Floridène et Doisy-Dubroca… Tour d’horizon.

C’est une famille et c’est un groupe. Tout ça à la fois. C’est une histoire qui remonte à la Révolution, date à laquelle les Dubourdieu ont digressé de la forêt des landes girondines vers la vigne, et une ligne tracée, bien tracée. C’est la connaissance et la science du vin, grâce à Denis, professeur brillant et dresseur de grands blancs, et le rebonds de la quatrième génération, incarnée par Jean-Jacques, seul aux commandes aujourd’hui pour présenter à Paris les différentes propriétés familiales, et Fabrice son frère.

Quoi de neuf sous le soleil des Dubourdieu ? Beaucoup de choses, comme toujours. Après l’acquisition l’an passé à la famille Lurton du château Doisy-Dubroca, se dessinent aujourd’hui deux grandes vagues d’investissement : l’une du côté de Clos Floridène, pépite de la galaxie qui avoisine les 180 000 bouteilles par an et Doisy-Dubroca, petite propriété de seulement 3, 5 hectares appelée à un nouveau destin. Clos Floridène tout d’abord : moderne, charmeur et complexe à la fois, ce Clos basé à Pujols sur Ciron, que personne ne sait situer sur la carte, a imposé sa marque grâce à Denis Dubourdieu et son épouse qui, avec l’anagramme de leurs prénoms, ont créé de toute pièce ce vin que « Terre de Vins » adore. Aujourd’hui, le constat avoué par Jean-Jacques Duboudieu, est clair : « « Nous avons réalisé une cave de vinification pour les vins rouges mais nous voulons en faire une également pour les vins blancs ». Car Floridène se décline dans les deux couleurs. « Nous devons exister. Aujourd’hui les gens veulent nous voir ». Un programme important d’investissement- environ 2, 5 millions d’euros – sera ainsi engagé.

Autre priorité : la reconfiguration du château Doisy-Dubroca. La totalité de la superficie sera replantée et rien ne dit que Doisy-Dubroca résistera à l’appel de son tonitruant voisin, Doisy-Daëne. « Doisy-Dubroca pourrait ne plus exister », reconnaît Jean-Jacques Dubourdieu. Le signe, probablement, que certains, à force de talent, arrivent à promouvoir et vendre leurs sauternes même si Doisy-Daëne ne représente à ce jour que quelque 40 000 bouteilles chaque année. Une goutte ample, subtile et sucrée dans un volume familial qui s’établit les bonnes années à 700 000 bouteilles, réparties entre Doisy-Daëne, Clos Floridène, Château Haura et Château Reynon, propriétés qui se déclinent parfois dans les deux couleurs et parfois avec un second vin. De quoi faire son choix avec la certitude, à chaque fois, de déguster le fruit d’une famille, de la connaissance et de la sincérité.

Rodolphe Wartel

INFO EXPRESS
Denis Dubourdieu n’était pas à Paris aujourd’hui et était représenté par son fils Jean-Jacques. Hospitalisé à’ l‘issue d’une récente sortie à cheval, Denis Dubourdieu a dû être hospitalisé. Il est sorti de soins hier mais doit encore se ménager. « Ce n’est pas grave mais il doit faire attention », rassure son fils Jean-Jacques.