Ci-dessus : Yves Orliac, Domaine de l'Hortus (photo Solène Guillaud)
Ci-dessus : Yves Orliac, Domaine de l'Hortus (photo Solène Guillaud)

Parmi la vingtaine de propriétés composant la sélection “Grands invités” de Bordeaux Tasting, venues de la Loire, du Languedoc, du Rhône, du Sud-Ouest et d’ailleurs, nous avons retenu cinq cuvées particulièrement bien taillées pour les repas de fêtes qui s’annoncent. Dégustation.

Une vingtaine de propriétés venues des vignobles de toute la France sont réunies jusqu’à ce soir au premier étage du Palais de la Bourse de Bordeaux dans le cadre de la huitième édition de Bordeaux Tasting. Habitués de longue date ou nouveaux venus à l’événement, ils séduisent les amateurs bordelais par le profil de leurs vins, témoignant de la riche diversité des terroirs et cépages français. Nous avons retenu, parmi eux, cinq cuvées à poser les yeux fermés sur vos tables de fêtes de fin d’année.

Vignoble Brumont – Montus Blanc 2014 – Pacherenc du Vic-Bilh
30 €

On ne présente plus Alain Brumont, figure de proue du vignoble de Madiran dont les châteaux Montus et Bouscassé jouissent d’une reconnaissance internationale. Surtout célèbre pour ses rouges (que dire de la cuvée La Tyre 2010, présentée à Bordeaux Tasting, superbe 100% tannat issu d’un terroir de galets et d’argiles rouges, aux tannins superbement veloutés, à la fois terrien, animal et frais, porté par des notes de violette et d’eucalyptus), Brumont se signale aussi par ses blancs secs en appellation Pacherenc du Vic-Bilh. Des blancs de garde, à l’image du Montus 2014, assemblage 90% petit courbu 10% petit manseng, élevé sur lies en barriques de 300, 600 litres et en foudre, présentant à la fois du gras, une bouche charnue et tapissante et une finale subtilement zestée, l’ensemble soutenu par un toasté discret. Un blanc de gastronomie, à imaginer sur des huîtres chaudes ou une saint-jacques au lard de Colonatta.

Château de Haute-Serre – Géron Dadine 2017 – Cahors
40 €

Cuvée de prestige du château de Haute-Serre, porte-étendard des vignobles Vigouroux à Cahors, la cuvée Géron Dadine est issue d’une parcelle argilo-calcaire du Sidérolithique, riche en concrétions de fer et en argiles rouges. Ce 100% malbec, élevé 15 à 18 mois en barriques (peu de bois neuf) et en amphores à hauteur de 20%, quoiqu’encore bien jeune, étonne par son éclat et son équilibre. Il se signale par son profil concentré, dense, très aromatique sur un fruit noir profond et des herbes médicinales. En bouche, le grain de tannins est soyeux, la matière est juteuse, sanguine, enrobée, gourmande. L’élevage est très bien intégré et la finale est parfaitement désaltérante, sur des notes de menthe poivrée. A servir sur un tournedos de bœuf maturé à la truffe.

Le Dit de l’Hortus – La Soulane 2016 – Pic Saint-Loup
65 €

Le domaine de l’Hortus, vignoble de la famille Orliac en Pic Saint-Loup, a récemment étoffé sa gamme de cuvées parcellaires produites selon une logique de “grands crus”. C’est le cas de cette Soulane, située sur un terroir calcaire exposé sud, 100% mourvèdre, élevée intégralement en cuve. Ce millésime 2016, le premier produit, est somptueux. Dès le nez il déploie un profil minéral et sauvage, très racé, avec un côté “force domptée” forcément attirant. La bouche est riche, pulpeuse, sensuelle, avec des tanins fuselés, de la mâche et de l’allonge, déjà beaucoup de complexité aromatique, un parfum de garrigue et de pierre chaude, une texture vibrante et salivante. C’est un délice. A savourer sur un gigot de sept heures.

Vidal Fleury – La Chatillonne 2006 – Côte Rôtie
79,20 €

Issue d’une parcelle de la Côte Blonde appartenant à Vidal Fleury depuis plus de 200 ans, cette cuvée se distingue par sa part importante de viognier, à hauteur de 15% (le reste, bien évidemment, composé de syrah) et par son élevage étalé sur trois ans. Un millésime 2006 dont la patine et l’évolution le rendent prêt à boire pour les fêtes de fin d’année, qui plus est à un prix qui demeure accessible pour une telle cuvée. Dès le premier nez, signé par des arômes lardés, fumés, des notes de baie sauvage, de violette, de viande séchée et de pruneau à l’eau de vie, on est dans un registre gastronomique et complexe. La bouche est d’une belle texture, très digeste malgré le fruit concentré, les tanins sont précis et élégants, la finale propulsée par de beaux amers. C’est un très beau vin fin, que les équipes de Vidal Fleury recommandent même sur un poisson, pourquoi pas un rôti de lotte au lard et champignons.

Château Soucherie – Premier Cru Chaume 2015 – Coteaux du Layon
34 €

Envie de changer de région pour le liquoreux qui accompagnera vos tables de fêtes ? Filez vers la Loire et son chenin souverain. Ce cépage incroyable revêt des profils bien différents selon les terroirs et les choix du vinificateur, mais en Coteaux du Layon il produit des liquoreux d’un très belle équilibre entre sucrosité et acidité. C’est le cas avec ce Premier Cru Chaume qui, encore jeune, ne dévoile pas encore une palette trop complexe, mais séduit par sa poire très mûre, ses notes de fruits exotiques, son profil floral, frais, avec un subtil acacia et un léger miellé. Ses 135 g de sucre résiduel sont rendus tout à fait digestes grâce à sa belle acidité et ses amers élégants. Un très beau vin de fin de repas, pourquoi pas sur une pavlova.