Avec l’arrivée d’Artémis Domaines au capital de la Maison Jacquesson à Dizy, la famille Pinault propriétaire du deuxième plus grand groupe de luxe au monde, fait son entrée dans l’appellation.

Chacun connaît la rivalité entre François Pinault et Bernard Arnault, débutée à la fin des années 1990 lorsque le premier a commencé à aborder le secteur du luxe en rachetant 40 % des parts de la Maison Gucci convoitée par le patron de LVMH. Parmi les groupes de luxe, Artemis via sa filiale Kering occupe aujourd’hui la deuxième place mondiale et possède notamment Yves Saint Laurent.  La famille Pinault a également depuis longtemps investi dans le monde du vin. Tout a commencé avec Château Latour à Pauillac en 1993. Si d’autres très grands domaines dans les appellations les plus prestigieuses en France et à l’étranger ont suivi, la famille n’avait encore jamais posé le pied en Champagne, abandonnant ce terrain de jeu à LVMH, dont la position de leader dans cette appellation est incontestée. Il est vrai que celle-ci est le berceau originel du groupe.

La prise de participation dans la Maison Jacquesson annoncée aujourd’hui est donc un événement historique. Certes, Artémis Domaines (filiale d’Artémis) reste minoritaire dans le capital de l’entreprise qui demeure la propriété de la famille Chiquet. On notera aussi la taille modeste de cette maison qui commercialise 250.000 bouteilles par an, un volume très éloigné de celui des grandes maisons de Champagne. En revanche, ce petit négociant de Dizy se situe sur un positionnement d’ultra-luxe de niche tout à fait en phase avec les valeurs du groupe. Les ventes sont ainsi exclusivement réservées aux cavistes et aux restaurateurs. L’approche se veut résolument artisanale, et la production est volontairement limitée pour ne pas transiger sur le savoir-faire. En lançant le principe des cuvées 700s, la maison s’était distinguée à partir de 1999 en révolutionnant le principe des bruts sans années. Alors que l’on se souciait peu de différencier l’année de base, et que l’on considérait que l’assemblage permettait d’obtenir exactement le même résultat quel que soit le millésime majoritaire, Jacquesson, a choisi au contraire de distinguer chaque nouvelle édition en les numérotant. Sa volonté était de souligner que l’ajout de vin de réserve doit toujours respecter et servir l’esprit du millésime. Pour mieux apprécier l’effet du vieillissement sur les grands champagnes, la maison propose par ailleurs ces cuvées sur deux vieillissements différents. Le partenariat qui s’ouvre entre la famille Chiquet et Artemis Domaines devrait donc s’avérer riche de synergies, y compris sur le plan de la distribution.

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