Mardi dernier, Frank Riester, ministre délégué chargé du commerce extérieur, a annoncé l’obtention d’un moratoire de deux mois sur l’application de la règlementation d’étiquetage kafkaïenne imposée par la Russie le 2 juillet dernier. Celle-ci interdit l’usage du terme « Champanskoïe » aux vins de Champagne. Ce moratoire n’est cependant applicable que sur les vins entrés en Russie avant le 2 juillet.

Chacun se souvient que le 2 juillet dernier, une loi russe a interdit l’usage sur les étiquettes du terme « Champanskoïe » aux vins de Champagne. Celle-ci est désormais réservée aux vins mousseux élaborés selon la méthode traditionnelle à partir de raisins russes. La Champagne avait immédiatement réagi en appelant à suspendre les expéditions vers la Russie, suspension levée le 15 septembre dernier, les autorités diplomatiques ayant pris le relais. Nouvel épisode depuis mardi : le ministre Frank Riester vient d’annoncer l’obtention d’un moratoire de deux mois pour l’application de la nouvelle règlementation russe sur l’étiquetage. Beaucoup d’organes de presse oublient cependant de préciser que ce moratoire n’est valable que sur les bouteilles entrées sur le marché avant le 3 juillet et qui posaient des difficultés parce qu’elles pouvaient plus difficilement être remises aux normes.

Pour le directeur de l’Union des Maisons de Champagne, David Châtillon, « c’est un bon signal pour les négociations qui devraient se tenir au mois de décembre dans le cadre du CEFIC (Conseil économique financier industriel et commercial franco-russe) et pour lesquelles nous maintenons la pression pour que ce dossier reste dans le top des priorités des sujets abordés comme cela avait déjà été le cas lors des réunions plus informelles au mois de Juillet. Cependant, même si nous obtenons gain de cause et que nous réussissons à avoir à nouveau le droit comme les vins mousseux russes d’écrire « Champanskoïe » sur nos étiquettes, le dossier ne sera pas réglé car la situation antérieure était déjà inacceptable. Notre objectif, c’est la reconnaissance pleine et entière de l’appellation en Russie. C’est ce qui me gêne parfois en lisant la presse : on a l’impression qu’on est passé d’une situation exemplaire à un vol à main armée. Et pour cette deuxième étape, il ne faut pas être naïf, cela ne va pas se résoudre dans l’année. Cet incident est d’ailleurs peut-être une opportunité pour faire avancer le dossier de fond qui ne bougeait plus. En effet, plus personne ne s’en occupait à part la filière qui a des moyens limités. Désormais, nos diplomates se sont accaparés le sujet et c’est l’occasion d’aboutir de manière plus large. »