(photo JM Brouard)
(photo JM Brouard)

Cette belle maison de la Côte des Blancs est en pleine mutation pour s’inscrire, plus que jamais, dans son époque.

Ce n’est certainement pas le plus connu des champagnes de vigneron mais il mérite de figurer au tableau des jolis noms de la région. Les grands crus calcaires de la Côte des blancs sont son terrain de jeu unique, articulé autour d’Oger, Avize et Mesnil-sur-Oger. Ici, du chardonnay et rien que du chardonnay ! Des Blancs de blancs, certes, mais qui ne tombent pas dans la caricature. Les vins sont d’une grande finesse, précis, généreux aromatiquement mais aussi d’une vraie netteté en bouche, fraîche et élancée. Pendant de longues années, c’est le chef de caves, Patrick Guillaume, qui a façonné le style maison des vins produits sur les 15 hectares de vignes. Toujours en étroite collaboration avec Olivier Bonville, le propriétaire. Mais voilà, Olivier devait aussi gérer l’exploitation, “parfois plaisamment lorsqu’il s’agissait de développer les marchés export, parfois de manière plus pesante s’agissant des tâches administratives” comme il le reconnaît bien volontiers.

Réinvestir son propre domaine

Le départ de Patrick Guillaume a donc accéléré une réflexion profonde chez Olivier. L’envie de revenir au cœur de la production, de se “réapproprier [son] propre domaine”. Lui qui dispose d’une formation en viticulture et en œnologie a donc sauté le pas. C’est désormais lui qui préside à la destinée des différentes cuvées de la maison. Et pour l’épauler dans toutes les autres tâches connexes, Olivier a décidé d’appeler à ses côtés le gendre de son épouse. Ferdinand Ruelle-Dudel, qui était parti dans une voie technique (chef d’atelier de pilote automatique de missiles dans une filiale d’Airbus) mais amateur de vins, a saisi l’opportunité et rejoint il y a quelques mois Olivier.
Désormais, c’est donc une cogestion qui permettra d’appréhender plus sereinement les années futures. L’utilisation du bois est notamment l’un des enjeux actuels. Si seule la cuvée “Les Belles Voyes” (68€) était jusqu’ici vinifiée sous bois, Olivier a décidé de se doter d’une quinzaine de demi-muids de 600 litres pour patiner subtilement et différemment ses vins à venir. De quoi renforcer encore un peu plus toute la gourmandise et l’onctuosité des champagnes de la trilogie hommage aux 3 grands Crus (50€ la bouteille), “Pur Oger” (au profil rond et généreux), “Pur Avize” (à la puissance aromatique intense et ciselée) et “Pur Mesnil” (à l’expression pure et tranchée). Une évolution à suivre de près qui devrait réjouir les amateurs.