(photo JM Brouard)
(photo JM Brouard)

La maison de champagne Gonet-Médeville vient de fêter son vingtième anniversaire. L’occasion pour nous de revenir sur cette aventure moderne et sur une gamme très qualitative.

Au départ, comme dans toute belle histoire, il y a une rencontre. Celle de Xavier Gonet, issu d’une longue lignée de vignerons champenois, et Julie Médeville dont la famille possède notamment château Gilette dans le Sauternais. Un coup de foudre et une même envie immédiate de faire un type de champagnes bien particulier. “Nous avons récupéré une partie des vignes du domaine familial dont l’existence remonte à 1815 lorsque celui-ci a été partagé en 2000. Avec Julie, nous avions des idées bien arrêtées sur les vins de Champagne”, explique Xavier. Et de poursuivre : “lorsque nous goûtions les champagnes des années 1920, 1930 voire 1940, nous les trouvions très bons alors que ce n’était pas du tout le cas pour ceux produits ultérieurement, entre les années 1950 et 1970. Nous nous sommes donc demandé pourquoi et sommes allés questionner mon grand-père”. Ce dernier leur a rappelé finalement l’évidence. A l’époque, point d’engrais minéraux et quasiment aucune intervention en cave. De ce constat est née l’envie, dès le départ, de retravailler les sols, d’utiliser des engrais organiques à base de fumier. Assez logiquement, les racines de surface vont disparaître et les racines vont donc plonger beaucoup plus profondément dans la craie et en retirer une vraie complexité. Baisse de la production, meilleure maturité, absence de collage, de filtration, de passage au froid sont également autant d’éléments qui caractérisent les champagnes Gonet-Médeville.

Un patrimoine exceptionnel

Les 9,5 hectares qui constituent le patrimoine de vignes de la maison feraient rêver n’importe quel amateur. Uniquement des premiers et des grands crus sur Aÿ, Ambonnay ou bien encore Le Mesnil-sur-Oger. Rien que ça ! La matière première est donc de grande qualité, les vinifications se font en barriques anciennes (ils ne possèdent pas moins de 130 barriques) en se laissant toujours la possibilité d’isoler une parcelle si celle-ci montre des caractéristiques spécifiques et intéressantes lors de la dégustation. C’est notamment ainsi qu’a été produite la cuvée Louvière 2007, un pur chardonnay extra-brut exclusivement en provenance du Mesnil-sur-Oger. Un vin comme toujours sans aucune fermentation malo-lactique pour une lecture stricte d’un terroir très vif. Un vin tranchant, salivant et d’une incroyable tension. Heureusement qu’il a passé 11 ans sur lattes, ce qui lui apporte une belle complexité aromatique. De manière générale, les temps de vieillissement sur lattes ont d’ailleurs été allongés. Il en résulte de très belles bouteilles comme la cuvée Grande Ruelle 2006, un pur pinot noir d’Ambonnay ayant lui aussi vieilli 11 ans. Un fruité éclatant, une grande fraîcheur de milieu de bouche et une structure nous font dire qu’il est taillé pour la garde. La belle énergie du 2002 en est la preuve… Et pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus par la capacité de la champagne à produire de grands vins rouges tranquilles à base de pinot noir, il suffit d’ouvrir une cuvée Athénaïs 2018 au fruité très intense et doté d’une mâche plaisante. Ou pourquoi pas ce même côteaux champenois 100% d’Ambonnay en 2008 pour se laisser charmer par un nez qui pinote magnifiquement et achève de convaincre avec ses notes de cerises noires vibrantes.