La jeune et dynamique maison démontre une nouvelle fois la qualité de ses productions, notamment haut-de-gamme, avec la sortie des cuvées Alain Thiénot 2007 et la Vigne aux Gamins 2005.

L’on a coutume de dire qu’une grande maison se reconnaît à la qualité de ses cuvées d’entrée de gamme. Cette vérité est parfaitement respectée chez Thiénot. Mais quand en plus, une petite maison (la production annuelle ne dépasse pas les 400 000 cols) parvient à produire de très grandes cuvées, tutoyant les sommets de la Champagne, elle gagne encore autre chose : le respect. Et ce n’est pas peu dire pour la très jeune maison Thiénot, créée seulement en 1985 par Alain Thiénot.

En 30 ans, son patronyme est entré dans le cénacle de ceux qui comptent en Champagne, à l’instar de Taittinger, Bollinger ou encore Henriot. La mise sur le marché de nouveaux millésimes est donc, chaque fois, un événement. La cuvée Alain Thiénot 2007 (80 €), huitième opus depuis son lancement en 1985 (on compte généralement trois sorties par décennie), est né dans des conditions houleuses. Si l’hiver et le printemps furent doux, l’été 2007 fut particulièrement catastrophique, laissant craindre le pire en Champagne. Mais un magnifique mois de septembre a permis l’éclosion d’un millésime peut-être moins puissant et solaire qu’un 1996 mais à la finesse délectable.

Stanislas Thiénot, fils d’Alain, rappelle d’ailleurs que « les niveaux d’acidité ainsi que le degré des vins produits en 2007 sont très proches de ceux de 1995, un millésime dont les vins s’avèrent absolument délicieux aujourd’hui ». Ce vin, assemblage de chardonnay (65%) et de pinot noir (35%), s’avère en effet très élégant, mêlant arôme beurrés et citronnés, avec un toucher de bouche soyeux et très frais. Un prélude à la découverte de l’autre grande cuvée maison : la Vigne aux Gamins. Le millésime 2005 (120 €) que l’on découvre aujourd’hui est d’une fougue incroyable. Issu d’une petite parcelle 100% chardonnay sur le grand cru d’Avize, ce champagne parvient à associer puissance aromatique (fruits secs, crème, poivre blanc) et délicatesse absolue de texture. Le tout sans jamais tomber dans un style oxydatif, pourtant en odeur de sainteté actuellement auprès de nombre de vignerons champenois. 3614 bouteilles produites en 2005 et présentées dans une bouteille au verre sombre, dessinée par Alain Thiénot lui-même. Une bouteille aussi précieuse que son contenu. « Sa couleur, complexe à obtenir, est la même que celle des bouteilles de Cointreau. Cela oblige à façonner ces flacons champenois en même temps que ceux de la maison de liqueur », confie Stanislas. Un très bel hommage d’Alain Thiénot à ses deux enfants qui l’épaulent au quotidien. Une merveille de Champagne qu’il convient d’honorer comme il se doit, pourquoi pas avec du homard rôti. Mais rien ne presse, ce 2005 est parti pour durer et continuera d’émerveiller les amateurs pendant longtemps. Un must.