L’exploitation familiale de Jean-Luc et son épouse Régine est située au cœur du Beaujolais, à quelques encablures du mont Brouilly. Ils cultivent gamay et chardonnay, produisant 11 cuvées en Beaujolais, Beaujolais Villages, Crémant de Bourgogne et pétillant.

Entre le gel qui a durement frappé certains secteurs du Beaujolais au printemps et les épisodes de grêle, le vignoble a accusé le coup des assauts de la météo, bien que les dégâts soient très disparates. Sans parler du printemps et du début d’été pluvieux. Mais Jean-Luc se décrit comme un vigneron plutôt heureux, bien qu’il ait perdu 30 % environ de sa récolte en raison du gel, car la qualité est globalement au rendez-vous.

Bilan des vendanges

« Nous avons terminé les vendanges vendredi dernier, soit le 1er octobre. Je suis content que mes coteaux m’aient préservé de la grêle. Il a en revanche fallu récolter les blancs très vite : on a commencé le 18 septembre, puis les autres parcelles le 25, et là il était temps : les pluies arrivées à ce moment-là ont entraîné une dégradation rapide des blancs (mais beaucoup moins des rouges). Heureusement, nous avons une petite équipe familiale et amicale, ce qui nous a permis de réagir vite et tout vendanger dans les temps. »

Jean-Luc est donc soulagé pour les blancs, et satisfait pour les rouges : « nous avons ramassé le 18 pour les raisins qui produiront notre Beaujolais Nouveau. La fermentation alcoolique est faite et la malolactique est en cours, donc on est bons pour le calendrier d’élaboration des nouveaux.

Pour le reste, les raisins sont beaux, notamment sur les parcelles granitiques autour de 400 mètres. Nous avons démarré leur vendange le 25 et 26, et sur certaines je vais pousser sur l’extraction, car la matière le mérite » (pour la cuvée Le Vin des Roches notamment).

Adaptation de la vinification au millésime

Compte tenu des conséquences du millésime, Jean-Luc en respectera les caractéristiques lors de la vinification.
S’il peut extraire sur les parcelles où la matière est présente, le fil rouge de ce millésime sera principalement de rester dans l’ADN Beaujolais en cultivant le fruit, et « ne pas chercher ce qui n’existe pas ».

« Cette année, les fermentations sont particulièrement toniques, elles se déroulent bien et nous sommes parfois obligés de les freiner un peu. C’est beaucoup plus confortable que lorsque les fermentations sont lentes ! »

Dans tous les cas, 2021 sera un millésime de nature à donner beaucoup de plaisirs aux consommateurs, « justement parce que les années où la concentration n’est pas extraordinaire et donc juste normale, nous pouvons jouer la carte du fruit qui fait notre identité. »