L’évènement est doublement exceptionnel. La sortie de ce 3ème et nouvel opus de Rare rosé était particulièrement attendu des amateurs. Et à vin exceptionnel, projet exceptionnel puisque la Maison Rare initie un partenariat avec l’artiste William Amor qui a sublimé un mathusalem de sa poésie.

Au commencement était un champagne exceptionnel. Rare fait partie de ces cuvées dont on ne veut pas trop parler parce que leur discrétion est aussi désirable que leurs arômes. Ce 2012 est, comme toujours chez Rare, un parfait exemple du génie champenois dont l’art de l’assemblage poussé à son paroxysme parvient à créer de véritables pépites d’un équilibre superbe. 60% de chardonnay en provenance traditionnellement de Villers-Marmery mais aussi de Vertus, Mesnil, Oger, Avize et Chouilly. 40% de pinot noir de Verzy, colonne vertébrale, mais aussi Aÿ, Ambonnay, Verzenay et Ville-Dommange. Des 1ers et grands Crus donc, 8% de vin rouge seulement qui, à peine, réussit à rosir le teint pâle de ce 2012 qui rappelle la calcédoine. Et dès le nez, la magie opère. Magnifique complexité de notes florales (rose), pointe biscuitée teintée de fraises des bois. Quelle fraicheur pour ce vin resté 8,5 années sur lattes. En bouche, la texture est soyeuse, le vin est ciselé, sapide et vineux. De fins amers le portent vers une acidité vive mais qui s’estompe en finale. De la poésie dans le verre que William Amor a immédiatement perçue.

Le Beau se réinvente

Rare Champagne à déjà initié des collaborations artistiques marquées par une infinie grâce. Camille Ortoli il y a quelques années avait ciselé la matière et révèle la finesse du champagne. Cette fois, c’est un plasticien d’une singularité sublime qui a pu enchanter un mathusalem de Rare rosé 2012. William Amor, d’une humilité aussi grande que son talent, a fait siens les rebuts et les déchets produits par notre économie pour les faire briller comme des joyaux. Son terrain de fouille ? La rue et ses montagnes de trésors, entre plastiques usagés et morceaux de filets. Son regard sur le plastique est enthousiasmant : « je considère le pétrole, crée après des millions d’années, comme un matériau aussi précieux que l’or ou les diamant. Ces déchets sont aussi une ressource et je les valorise« . Et avec quelle grâce. Son élan créatif pour Rare rosé 2012 ? Exprimer tout le bouquet complexe de ce vin par des pétales délicats et fragiles, de rose ou de pivoine. Les capsules cuivrées deviennent des feuilles de vigne ou de cerisier. Ainsi paré, le mathusalem refait corps avec la nature à laquelle il semble appartenir. Les plissés sont subtils, les colliers étincelants bien que créés à partir de cristaux de tartre récupérés dans les cuves. Et c’est une série de 12 mathusalems qui sera ainsi habillée par William qui questionnera 11 autres artistes sur leur ressenti pour la cuvée afin de trouver 11 autres inspirations. Tous ces flacons seront vendus aux enchères au profit d’associations choisis par William et la Direction de Rare. En écho avec la toute nouvelle certification B Corp de la branche vin du groupe EPI (Piper-Heidsieck, Charles Heidsieck et Rare Champagne).