(Crédit Photo Céline et Gilles Deschamps)
(Crédit Photo Céline et Gilles Deschamps)

Plus grande appellation du Languedoc, l’AOC Corbières affirme son positionnement vers la viticulture biologique. Avec 46 domaines certifiés, elle entend accélérer le mouvement.

La nouvelle région Occitanie, réunion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, est le vignoble bio le plus vaste de France : plus de 23 000 hectares (conversion et certifié bio) ; soit 30% des vignes bio de France (estimation de l’agence bio au 1er janvier 2016) réunissant 1557 vignerons, lesquels cultivent 7, 8% du vignoble régional.

Quasiment en son centre, le vignoble des Corbières est la plus grande appellation de la région : ses 10 000 hectares s’étirent des portes de Carcassonne aux étangs de Leucate et de Narbonne, des contreforts des Pyrénées au pied de la Montagne noire. On connaît des Corbières les volumes et les typicités, on connaît moins leur côté bio. Pourtant l’appellation est bien engagée dans la viticulture biologique avec 46 domaines certifiés AB sur 158, soit 29% des caveaux, travaillant 1 195 hectares soit 11% de la surface en appellation.

Pour Karine Mirouze du château Beauregard Mirouze, qui a lancé les rendez-vous du vin bio de l’Aude il y a trois ans, « il faut changer cette image de Corbières ‘vin de table’ ! Être en bio est une force, c’est une carte pour mettre en valeur les Corbières. Avec le vent du Nord, le Cers et peu de pluie, nous avons un bon contexte. Nous avons repris le domaine familial en 2000, et petit à petit, nous l’avons restructuré en bio, nous avons redonné vie au sol, nos avons vu revenir les vers de terre ! Mon mari et moi sommes ingénieurs agronomes. Ce n’est pas lors de notre formation que nous avons été sensibilisés au bio, c’est en travaillant la vigne, au contact de la terre. Nous l’avons fait petit à petit, et nous avons été certifiés en 2010. Cette approche est une réflexion permanente, pour mieux faire, chaque jour… Nous allons au-delà du cahier des charges bio. Nous ne reviendrons jamais en arrière ! Nous faisons des vins plus ‘purs’, donc forcement, ils expriment mieux le terroir ».

La famille Fabre, vignerons en Corbières depuis 1605, est un des pionniers. Depuis plus de 20 ans, Louis Fabre travaille ses vignes en bio, sur des domaines totalisant 350 ha – château de Luc, château Fabre Gasparet et Château Coulon. « Avec le climat des Corbières, le bio est un excellent moyen de révéler le terroir. Le bio vise à accompagner la nature plutôt que de la contraindre, ne pas vouloir tout contrôler, penser à l’équilibre des sols et toute la vie autour. Si on respecte un environnement riche, on aura un vin riche. Le bio, c’est revenir à ce qu’aurait dû rester la culture de la vigne, le paysan est un « jardinier du paysage ». C’est important que tout le collectif évolue. Beaucoup de vignerons dans l’appellation partagent ce sentiment. Je pense qu’un jour, plus proche que l’on imagine, tout le monde sera en bio ».

En novembre, deux manifestations en Aude abordaient le vin biologique :

Pour les professionnels, l’Université de la Vigne et du Vin est une rencontre entre vignerons, universitaires et chercheurs. Elle a tenu sa 10ème édition, le 10 novembre, à Ferrals en Corbières sur le thème : « soif de nature, communication et avenir du vin ». Des universitaires et des spécialistes apportaient leur savoir et leur questionnement pour permettre de mieux appréhender les enjeux viticoles d’aujourd’hui.

Pour le grand public, le 3ème rendez-vous des vins bio de l’Aude s’est tenu les 12-13 novembre, à l’Abbaye de Saint-Hilaire, avec 22 domaines et 70 vins bio audois, en dégustation, vente et visites.