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Costières de Nîmes : ciel bleu et récolte prometteuse

Auteur

Yoann
Palej

Date

17.09.2020

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A quelques jours de la fin des vendanges dans les Costières de Nîmes, il est déjà possible de placer le millésime 2020 sur un piédestal. Tant sur la qualité que sur les quantités annoncées, la satisfaction des vignerons est totale. État des lieux.

« On a la banane ! » Pour un producteur de raisins, la formule est plutôt atypique mais elle a le mérite d’être clair. Elle est signée Michel Gassier, propriétaire du Château de Nages à Caissargues sur le flanc nord des Costières mais aussi du domaine Gassier, à Vauvert, au sud de l’appellation. Le vigneron détaille : « On fait partie des chanceux car la récolte est belle et n’a pas été grevée par des incidents climatiques (ndlr : le gel a touché la vallée de la Cèze en mars et la grêle Lirac-Tavel fin mai). Certes, il a fallu s’organiser car c’est une année précoce et il n’y a jamais eu de ralentissement mais on peut déjà parler de qualité et de quantité plus qu’intéressantes. » Une impression confirmée par Bruno Manzone, le président de l’AOC : « C’est une année cas d’école avec des rendements moyens de l’ordre de 50/55 hl par hectare, on est dans les quotas après une année 2019 vraiment décevante (30/35 hl par hectare). » Et que dire des conditions royales pour vendanger (soleil et fraîcheur au petit matin)… « Tout ça en moins de 6 semaines, on n’a jamais vu ça dans la région ! » ajoute-t-il.

« L’état sanitaire des vignes est fantastique ! »

D’un point de vue sanitaire, les vignerons n’hésitent pas à parler d’une année exceptionnelle. « Hormis quelques traces de ver de la grappe sur des cépages tardifs, l’état des vignes est fantastique, note Bruno Manzone, également vigneron de son propre domaine à Bellegarde et président de la cave coopérative des Vignerons Créateurs. On n’a pas ressenti de pression sur la 3e génération en août et le mistral a encore été le meilleur anti-mildiou du monde ! » Il y a tout de même quelques dégâts liés à l’installation dans le sud du Gard d’un parasite virulent et qui n’a pas encore trouvé sa parade, le Cryptoblabes. « L’accélération du changement climatique fait aussi évoluer la pression parasitaire », constate Michel Gassier qui teste actuellement des produits bio sur une parcelle témoin. Mais l’essentiel est là, les raisins (la récolte des blancs et des rosés est quasiment terminée) ont pu être rentrés dans de très bonnes conditions avec un choix de maturité précis. « On n’a rien subi, on a choisi le jour et on a vendangé et ça c’est un vrai luxe », se félicite Bruno Manzone.

Des vendanges Rubik’s Cube

Seule contrainte finalement, la logistique. Avec un ralentissement des ventes dû à la crise de la Covid-19 et aux taxes Trump, les vignerons se retrouvent avec plus de stock dans les caves. « C’est ce que j’ai appelé des vendanges Rubik’s Cube, plaisante Michel Gassier. Il a fallu faire de la place et isoler les lots qui le méritent. Mais on ne va pas se plaindre, la récolte est belle et bonne. Certaines années, les Merlot et Grenache coulaient, là tout a accroché ! » Tout se jouera maintenant dans les cuves avec une petite incertitude en point de mire : l’état du marché. « C’est vrai qu’on a peu de visibilité, conclut le président de l’appellation. Mais on peut rassurer les futurs acheteurs, le millésime 2020 est prometteur avec des jolies maturités sur les rouges et une belle fraicheur sur les blancs et rosés. » Pour mémoire, l’AOC Costières de Nîmes appartient à la grande famille des vins de la Vallée du Rhône et produit environ 20 millions de bouteilles par an.


Photo © David Z

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