(photo Emmanuel Perrin)
(photo Emmanuel Perrin)

Avec ses 8 domaines languedociens, une météo plus que printanière et un virus semant peurs et incertitudes, les Vignobles Jeanjean s’adaptent, à commencer par Brigitte Jeanjean, directrice générale. Propos recueillis par Sylvie Tonnaire.

“Dans un souci de protection de nos équipes, il a fallu très vite s’adapter. Ceux qui peuvent et veulent venir au siège à Saint-Félix de-Lodez (34) sont répartis à un par bureau, en fait sur 300 collaborateurs habituellement, nous sommes aujourd’hui une petite centaine. Mais il le faut car contrairement à ce que l’on croit, il y a un fil d’activité, surtout à l’export. Les pays scandinaves, le Canada, la Belgique continuent leurs achats, même si les volumes sont amoindris. La grande distribution régionale et nationale aussi. Tant que nous aurons des transporteurs, nous assurerons nos livraisons, s’il y a blocage cela viendra de ce maillon-là. D’ailleurs les comportements à l’étranger sont intéressants : au Canada il n’y a pas pour l’instant d’obligation de confinement mais nos cousins ont pris la mesure du danger et se confinent d’eux mêmes.
Dans les vignobles (cinq en bio et trois en dernière année de conversion), les besoins sont grands, la vigne a un mois d’avance, les travaux de taille tout juste terminés, ouf, mais il y a beaucoup à faire et là, la main d’œuvre externe manque cruellement car les gens ont peur. Sur le mode du volontariat, tous les collaborateurs peuvent mettre la main au cep : dès la semaine prochaine je serai sur les plantiers car il faut attacher les jeunes vignes pour qu’elles résistent au vent. Par contre les bergers et leurs brebis sont arrivés, ils ont réellement le champ libre !
Côtés chais l’activité est très ralentie car les prestataires de mise en bouteilles sont à l’arrêt mais nous avions un peu de stock d’avance, poussés par un millésime 2019 très attendu par nos clients. En vin des sables (domaine le Pive) c’est un super millésime, fruité et gourmand, les blancs comme les rosés ont été préservé de la canicule par la proximité de la Méditerranée. Pour les rouges, par exemple aux domaines Devois des Agneaux ou Causse d’Arboras, l’été indien a accompagné les maturités sur la longueur, et ça, c’est toujours un plus. C’est vraiment un très beau millésime, concentré, avec un peu moins de volume, il nous tarde de le partager”.