L’appellation Crozes-Hermitage a renouvelé à Paris le happening organisé en solidarité avec les restaurateurs et en partenariat avec des artistes de street-art.

Les vitrines d’une dizaine de restaurants parisiens très «  crozes » ont été repeintes du 7 au 9 avril en attendant la réouverture des établissements ou pour accompagner l’activité de vente à emporter. « Nous avions cherché une façon originale de faire parler de nous en ces temps de communication difficile puisque salons et déjeuners de presse ont dû être annulés, explique le coprésident de l’appellation, Yann Chave. Ce vecteur sympa pour parler de nos vins permet de préserver le lien avec les restaurateurs, de soutenir les chefs et les artistes, deux métiers qui peinent de la crise autant que nous, et c’est une façon distrayante de protester contre la situation et d’interpeller les passants. »
À Lyon, en janvier, l’appellation avait choisi les établissements en variant la représentation des différentes familles (gastro, bistrots, bars à vin, traditionnels…) ; à Paris, il a été demandé aux restaurants volontaires d’accueillir également un vigneron. « Les producteurs voulaient s’investir davantage dans l’opération et huit d’entre eux sont montés pour venir échanger avec les établissements et les médias à l’occasion du happening, détaille Yann Chave. Certains avaient déjà plusieurs crozes à leur carte mais c’était aussi l’occasion d’étoffer notre réseau d’ambassadeurs. » L’appellation a financé le matériel pour réaliser les « Hors d’Œuvres » et indemnisé les artistes recrutés par le collectif d’art urbain Superposition et la galerie street art Ground Effect. Seul le thème du partage autour du vin et de la gastronomie était imposé. Cela coule de la bouteille.

L’export repart

La restauration représente 35 à 40 % des ventes de Crozes-Hermitage. Les ventes à l’export (environ 2 0%) semblent repartir progressivement, en particulier en Grande-Bretagne, premier débouché de l’appellation, mais également outre-Atlantique et en Scandinavie où les magasins d’État et les restaurants sont longtemps restés ouverts. « Nous avons organisé plusieurs opérations sur place depuis 2019 , en montant avec les vignerons en Suède, au Danemark, à Amsterdam et bientôt en Norvège pour faire goûter nos vins aux sommeliers et aux restaurateurs avec master-classes et dégustations des millésimes à la vente. C’est l’occasion aussi de faire la tournée de nos distributeurs et, pour les nouveaux domaines, de trouver un importateur. »
En grande distribution, l’appellation (80 000 hl au total, la deuxième en volume de la vallée du Rhône derrière Châteauneuf-du-Pape) affiche de bons résultats. « On a incontestablement une image de rouges et nous nous sommes rendus compte que les blancs se vendaient surtout en restauration car avant la crise du Covid, on était en rupture, ce qui n’est plus le cas maintenant » regrette Yann Chave. L’appellation est passée ces dernières années de 8 à 11 % de production en blanc avec un récent engouement pour la roussanne, plus aromatique et moins alcoogène, même si la marsanne reste largement majoritaire.

Caves & Maisons Artistes
• Origines, Paris 8ème, du chef Julien Boscus avec le domaine Laurent Combier et Gabrielle Rul
• Pouliche, Paris 11ème, de la cheffe Amandine Chaignot avec le domaine Yves Quilleron et Étienne Quesnay
• Glou, Paris 3ème, avec l’artiste Theo Haggai
• Frenchie, Paris 2ème, du chef étoilé Grégory Marchand avec le domaine des Hauts Chassis (Franck Faugier) et Toctoc
• Le Sergent Recruteur, Paris 4ème, du chef étoilé Alain Pégouret avec Jean-Luc Colombo et Alexandre Beretta
• Baltard au Louvre, Paris 1er, avec le domaine des Entrefaux (François Tardy) et Yakes
• Le Dénicheur, Paris 2ème, avec la Cave de Tain (David Quillin) et Claire Courdavaut
• Le Saint Sébastien, Paris 11ème, avec le domaine du Murinais (Luc Tardy) et Bebar
• IDA, Paris 15ème, du chef italien Denny Imbroisi avec le domaine Yann Chave et Oji
• Le Petit Sommelier de Pierre Vila Palleja avec Paul Jaboulet Ainé et Miette

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