Figure du Chablisien, William Fèvre avait constitué un domaine comptant 6 des 7 Climats classés en grands crus dans ce vignoble. Il vient de s’éteindre à 90 ans.

Figure à la fois admirée et controversée, William Fèvre aura marqué 40 ans d’histoire à Chablis. Issu d’une vieille famille locale, il s’est installé en 1959 à une époque où le vignoble était réduit à une peau de chagrin : quelques centaines d’hectares. Une situation dont il ne s’est pas contenté : les 7 hectares familiaux sont passés au fil des années à 70 hectares dont 16 en grands crus.

Ne craignant pas de prendre des options détonantes pour son époque, il avait opté à la fin des années 1970 pour des élevages en fût de chêne.

Fort de ses responsabilités syndicales, il a aussi été un pugnace combattant des contrefaçons (américaines essentiellement) qui usurpaient le nom de Chablis, y compris sur les marchés export. Il a aussi lutté, vainement, contre l’extension de l’aire d’appellation, sujet sensible à Chablis.
Il a également créé un domaine au Chili (Maipo) et investi en Hongrie (Tokaj) dans les années 90.

En 1998, William Fèvre vendait son domaine à la famille champenoise Henriot.

Il avait enfin suscité une vive polémique en 2011 en recevant Marine Le Pen à Chablis quelques mois avant les élections présidentielles.

William Fèvre est décédé à 90 ans et sera enterré jeudi à Chablis.