Michel Reybier, propriétaire du Château Cos d’Estournel, entend apporter son soutien aux cafetiers et aux restaurateurs en reversant à l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) 1 euro pour chaque bouteille vendue de son premier vin sur le millésime 2019 qui vient de sortir en primeurs à 91 euros (110 euros revente négociant).

Pourquoi cet élan de générosité s’est-il porté vers les cafetiers et les restaurateurs ?
Ce fut naturel, étant en partie dans le domaine de la Santé [Michel Reybier a investi dans des cliniques privées], on a œuvré de notre côté pour saluer tous les efforts qui avaient été faits par le personnel au moment du virus. Et il m’a semblé opportun cette fois d’aider une filière qui a souffert, ça me parait normal, dans cette période difficile, que l’on soit bienveillant. C’est dans cet esprit que j’ai fait ce geste et j’espère que ça ne sera pas le dernier. Il ne faut pas oublier que les cafetiers et les restaurateurs sont nos clients. Que la Place de Bordeaux me suive !

Le prix du millésime 2019 est sorti, comment a été pensée cette baisse de 25% en rapport à l’an passé ?
Nous sommes passés de 120 euros à 91 euros. J’explique aux négociants depuis quelques années que je souhaite que Cos soit dans des prix plus régulés au fil des millésimes. Donc, dans cette optique-là, malgré nos très bonnes notes, on n’a pas fait des hausses inconsidérées, on n’a pas toujours suivi la hausse du marché des vins de Bordeaux et dans cette idée je voulais faire une baisse. C’est un bon signe de baisser les prix dans cette période. J’ai estimé que 25%, c’était convenable car j’essaye de réguler les hausses comme les baisses. Le consommateur a besoin de régulation.

Le Château Cos d’Estournel rouvre progressivement ses portes, d’abord les visites et dans la foulée le restaurant, La Maison d’Estournel, pour sa deuxième saison, quel bilan tirez-vous de cette création ?

C’est d’abord une opportunité, celle de pouvoir racheter la maison du fondateur qui jouxte le Château Cos d’Estournel. La boucle était bouclée. Après, j’ai réfléchi et je pense que le Médoc est un peu un no man’s land, il y a très peu de choses pour recevoir. Je voulais apporter ma pierre à l’édifice pour faire vivre le Médoc avec un produit qui soit de grande qualité mais simple. Que ce soit du côté culinaire ou hôtelier. Nos amis étrangers comme les Bordelais doivent trouver un produit de qualité à un prix inégalé. Je suis très attaché au rapport qualité-prix et très attaché à faire revivre le Médoc. J’espère être imité.


EN BONUS
“Un dossier spécial
Terre de vins”

Pendant cette période de confinement, “Terre de vins” a mené, comme promis, “sa” campagne primeurs. Près de 400 propriétés ont été dégustées au cours d’un marathon express qui prend fin ce mercredi avec les Grands crus classés de Saint-Emilion. “L’adhésion des propriétés à ce projet a été considérable, confie Rodolphe Wartel, directeur du magazine. C’est aussi le signe, pour ces propriétaires, que la vie ne doit pas s’arrêter, qu’ils ont envie de prendre une part de voix et qu’ils sont fiers du millésime 2019”. Ces dégustations se sont faites à huis clos dans des propriétés-relais qui ont, avec une bienveillance que nous remercions à nouveau, accepté le dépôt de dizaines d’échantillons.
Nos abonnés découvriront dès la semaine du 8 juin un numéro collector où près de 400 grands vins de Bordeaux auront été dégustés, sous la direction de Sylvie Tonnaire, rédacteur de chef et Mathieu Doumenge, rédacteur en chef adjoint. Un numéro qu’aucun autre magazine au monde n’aura réalisé, dans ces conditions si singulières et… historiques.